A la veille du sommet social lancé au début de cette année…
A la veille du sommet social lancé au début de cette année par le Président de la République, les perspectives de baisse de chômage sont extrêmement incertaines. Les étudiants et les jeunes de moins de 29 ans – qui représentent 41,7% des inscrits à pôle emploi – entendent les mauvaises s’accumuler sans que l’horizon ne se dégage. La perte du triple A de la France est aujourd’hui reçue comme une étape de plus dans la longue descente aux enfers d’une génération de la crise. L’avenir s’imagine au travers des images des jeunes diplômés grecques fuyant le pays ou à celles des jeunes espagnoles rassemblés par milliers pour crier leur indignation.
Difficile pour un jeune d’attendre encore quoi que ce soit du sommet social du 18 janvier- sommet auquel les jeunes n’ont d’ailleurs pas été conviés.
Les déclarations fusent de la part du gouvernement, les grandes idées se bousculent dans la bouche des candidats aux élections présidentielles, mais les réponses concrètes à leur situation, elles, se font toujours attendre.
Les jeunes de France font aujourd’hui leurs premiers pas de citoyens dans une société qui multiplie les aveux d’échecs et d’impuissance.
En matière d’emploi des jeunes, la France tourne en rond
Les jeunes n’ont pourtant pas manqué de lancer des messages d’alerte et ce bien avant le début de la crise économique. En 2005 déjà les émeutes dans certains quartiers ont révélé le malaise d’une jeunesse en mal de perspectives d’avenir et d’une insertion professionnelle réussie. En 2006, les manifestations contre le contrat première embauche ont été l’occasion de voir défiler une génération entière de jeunes refusant d’être traités comme des charges supplémentaires par leurs employeurs. Mais le retrait du CPE n’a pas provoqué le changement de cap espéré par ces millions de jeunes. En 2010, c’est en se joignant aux salariés contre la réforme des retraites qu’ils ont exprimé leur inquiétude de voir leurs aînés maintenus contre leur gré dans l’emploi après 60 ans, pendant qu’eux s’entassaient dans les files d’attentes.
Mais les réponses n’ont jamais été à la hauteur. Tout au plus ont ils obtenus du Président de la République, Nicolas Sarkozy, un plan pour l’emploi des jeunes en 2009. Un plan de mesures réchauffées, déjà vues et peu ambitieuses visant à améliorer l’employabilité des jeunes grâce à l’apprentissage et à réduire le coût de l’embauche par des contrats aidés. Un plan qui s’est ajouté à la longue liste des demi mesures du siècle dernier privilégiant les exonérations de cotisation sociales pour inciter à l’embauche des jeunes sans que les résultats ne soient jamais au rendez vous.
La France a de l’or, elle en fait du plomb
Pourquoi et comment nous en sommes arrivés là ? Notre pays n’a jamais été aussi riche et notre jeunesse jamais aussi formée (elle est en moyenne 5 fois plus qualifiée que la génération de ses parents).
La France a dans sa jeunesse une richesse, un facteur de production inégalable qui pourrait redonner croissance, consommation et confiance à ce pays. De cet or, elle a choisit de faire du plomb. En enfermant les jeunes depuis maintenant plus de trente ans dans un véritable sasse de précarité, loin de l’emploi stable, les gouvernements successifs se sont rendus responsables d’un gâchis qui nous coûte cher aujourd’hui.
Comment attendre d’un jeune, même très diplômé mais précaire, qu’il puisse travailler, produire, créer, innover à la hauteur de ses capacités ? Comment demander aux jeunes d’avoir confiance en l’avenir et de faire des projets qui alimentent la société, si les portes ne s’ouvrent que pour des stages mal rémunérés ou des contrats d’interim ? Comment relancer la consommation et lutter contre la dépendance lorsque 300 000 jeunes, sans voix, sont exclus du marché du travail sans pouvoir toucher ni le RSA ni les allocations chômages ?
Libérez les jeunes du dogme de l’emploi flexible !
Il est nécessaire de libérer les jeunes du boulet de la précarité pour leur permettre de jouer leur rôle de force d’avenir. Ce mouvement indispensable à une sortie de crise ne demande qu’une seule exigence : sortir du dogme d’un contrat de travail trop rigide et d’un coût du travail trop élevé.
Les jeunes veulent travailler. La plupart d’entre eux travaillent déjà entre deux périodes de chômage. Mais privés de toute sécurité pendant leur recherche d’insertion et dans les débuts de leur vie professionnelle, ils ne peuvent jouer leur rôle de force de croissance.
Ce mémorandum sur l’emploi des jeunes se propose de revenir sur les freins qui empêchent les jeunes de France non seulement de trouver leur place sur le marché du travail mais qui tirent la croissance vers le bas. Car maintenir 22,5% des jeunes actifs au chômage sans aucune protection et un jeune actif sur deux en contrat précaire prive le pays tout entier de travailleurs (et de consommateurs) qualifiés, volontaires, innovants qui ne demandent qu’à participer au redressement de l’économie, pour peu qu’on leur en donne les moyens.
Les jeunes n’attendent ni compassion, ni recettes miracles et encore moins des dogmes. Ils veulent des droits pour envisager l’avenir avec sérénité et sentir que la société dans laquelle ils vivent leur fait confiance pour sortir de l’incertitude.
























































































































