Sommet social : l’UNEF publie ses propositions pour rompre avec les dogmes

Alors que la perte du triple A rend les perspectives de baisse du chômage incertaines, les propositions se succèdent sans que les jeunes ne parviennent à y voir plus clair dans l’issu du sommet social convoqué par le Président de la République. Représentant 40,7% des inscrits au pôle emploi, les jeunes n’ont pourtant pas été conviés à cette rencontre.  L’UNEF s’interroge sur les mesures annoncées par le gouvernement et fait ses propositions.

La précarité de la période d’insertion au cœur du chômage des jeunes.

Contrairement a une idée reçue, les jeunes n’ont pas de problème avec le marché du travail. Les entreprises le savent d’ailleurs trop bien puisqu’elles n’hésitaient pas, déjà avant la crise, à les embaucher pour effectuer des missions ponctuelles ou remplacer des salariés à un poste vacant. Aujourd’hui, alors que 8 salariés sur 10 occupent un poste en CDI, 1 moins de 25 ans sur 2  occupe un emploi temporaire ou précaire.

Les 300 000 sans voix du marché de l’emploi

Cette fragilité dans l’emploi a fait des jeunes une véritable variable d’ajustement sur le marché de l’emploi. En effet, ce sont aujourd’hui 300 000 jeunes en recherche d’emploi qui ne touchent aucune indemnisation chômage ni RSA et doivent composer avec les aides parentales ou emplois temporaires.

Le France a de l’or, elle en fait du plomb

La génération de jeunes d’aujourd’hui est en moyenne 5 fois plus qualifiée que la génération précédente. Mais maintenue dans un sasse de précarité par des dispositifs d’incitation à l’embauche à bas salaire, sans aucune protection sociale, ils sont dans l’impossibilité de faire profiter la société de leurs qualifications et donc de tirer croissance et consommation vers le haut. Comment demander à un jeune de créer, d’innover, de consommer s’il est obliger de retourner vivre à la charge de ses parents faute de moyens pour faire des projets de vie ?

Sortir du dogme du coût du travail

Les jeunes sont lucides et confiants quant à leurs capacités. Mais ils savent aussi que le principal danger est de ne pas avoir l’occasion de les mettre à l’œuvre, victimes d’une idéologie selon laquelle on ne pourrait recréer des emplois qu’en entrant en concurrence avec les travailleurs les moins protégés du monde.

La proposition d’une TVA sociale en particulier, serait un véritable coup dur pour l’ensemble des jeunes en formation et en insertion. En effet, sans revenu, cette mesure se traduira pour eux uniquement par une baisse nette du pouvoir d’achat. Garantis d’y perdre, les jeunes n’ont de plus pas le sentiment de pouvoir y gagner. La baisse du coût du travail, privilégiée au siècle dernier pour inciter les entreprises à l’embauche, n’a en effet jamais empêché le chômage de grimper.

Un changement de cap dans les politiques de l’emploi !

Les solutions déjà vues et déjà éprouvées ne peuvent constituer une réponse à un problème qui ne date pas de la crise. La société ne pourra se relever si elle ne fait pas confiance à ses jeunes en changeant ses priorités : à la baisse du coût du travail et la hausse de l’employabilité, l’UNEF oppose la reconnaissance des droits des jeunes comme véritable moteur de sortie de crise. Protéger la période d’insertion, limiter le recours au CDD et à l’intérim, reconnaître les qualifications dans les conventions collectives sont autant de pistes qui tranchent avec le déjà vu et permettrait de redonner confiance aux jeunes.

Ces priorités, l’UNEF les présente aujourd’hui dans un document d’analyse et de propositions pour libérer l’emploi des jeunes.