Élections CROUS : Le report ne sera profitable que s’il permet une plus forte participation

Le ministère de l’enseignement supérieur a fait savoir qu’il fixait la date limite des élections dans les CROUS au 31 janvier 2013, envisageant un report des élections étudiantes dans les CROUS pour le mois de novembre. L’UNEF prend acte de la décision du ministère de l’enseignement supérieur de reporter à la rentrée prochaine les élections des représentants étudiants au sein des CROUS. L’UNEF ne jugera ce report qu’en fonction des garanties apportées par le ministère de l’enseignement supérieur sur les mesures prises pour faire augmenter significativement la participation au scrutin. En particulier les dates retenues, la campagne d’information ainsi que la période sur laquelle s’étaleront les élections seront pour les étudiants des éléments déterminants.

Le scrutin des CROUS, pierre angulaire de la démocratie étudiante

Les élections des représentants étudiants au conseil d’administration des CROUS sont les seules élections nationales auxquelles sont appelés à voter simultanément les 2,2 millions d’étudiants de France. Véritables prud’homales étudiantes, elles définissent la représentativité des organisations étudiantes pour deux années. Première organisation étudiante, l’UNEF est arrivée en tête de tous les derniers scrutins du CROUS depuis 1996.

Une faiblesse structurelle de la participation

Enjeu majeur de la démocratie étudiante, les élections étudiantes au CROUS souffrent depuis plusieurs années d’une faiblesse structurelle du nombre de votants. En particulier, le format retenu dans l’organisation des deux derniers scrutins, en 2008 et en 2010 ne permettait pas de réunir toutes les conditions pour une participation massive (seuls un peu plus de 6% des étudiants avaient pu effectivement s’exprimer). En effet, la participation étudiante à des élections dépend de deux facteurs principaux. D’une part le nombre d’électeurs effectivement présents sur leur lieu d’étude au moment du scrutin, d’autre part les moyens d’information déployés par les administrations et part le ministère de l’enseignement supérieur.

Or la faiblesse des outils de communications mis à disposition des CROUS et des universités, la présence simultanée d’élections des représentants étudiants dans les conseils d’universités avait entrainé une confusion qui a conduit à une démobilisation électorale.

De plus, le choix d’un scrutin sur une semaine au printemps, à l’heure où les stages, les examens, soutenances de mémoire, épreuves de concours, vacances ou voyages d’études éloignent un nombre non négligeable d’étudiants des campus, rendaient impossible une préparation homogène sur l’ensemble des académies et avaient joué en défaveur d’une participation massive.

Un report des élections qui doit donner un nouvel élan au scrutin

Pour revitaliser ce temps fort de la démocratie étudiante, l’UNEF s’attache à ce que le report du scrutin se traduise par une hausse de la participation. Cet objectif doit être partagé par tous. En permettant au plus grand nombre de décider, c’est l’ensemble de la représentation étudiante qui en sortira renforcée. Ce report ne sera profitable que s’il permet aux étudiants de pouvoir s’exprimer dans les meilleures conditions possibles afin que leurs choix électoraux ne souffrent d’aucune contestation et que la démocratie étudiante bénéficie d’une légitimité renforcée.

L’UNEF exige des garanties de la part du ministère sur l’organisation du futur scrutin

Dans cette optique, l’UNEF fera valoir la nécessité que les élections puissent se tenir au plus tard dans la dernière semaine de novembre, avant que les périodes de révision ne commencent. De plus l’UNEF plaidera pour que la période d’élection soit étalée sur une durée permettant à chaque académie, dont les contraintes sont différentes, de choisir le jour de vote le plus propice à une large participation. Enfin, l’UNEF exigera que le ministère mette à profit le report des élections pour lancer une campagne nationale d’information afin que l’ensemble des étudiants soit informé de l’organisation prochaine des élections au sein des CROUS.