Les étudiants se joignent à la mobilisation du 29 février pour faire barrage aux politiques d’austérité

Depuis le début de la crise économique, les étudiants ont vu leurs conditions de vie se dégrader à grande vitesse. D’un côté l’augmentation continue du coût de la vie, accélérée par deux plans de rigueur successifs, ainsi que la hausse des dépenses obligatoires pour les étudiants ont renchérit le coût d’une année d’étude dans le supérieur. De l’autre, l’obsolescence du système d’aides sociales cumulée aux difficultés des familles prive les étudiants des ressources indispensables pour surmonter la crise.

Explosion du phénomène de salariat étudiant (68% selon l’OVE), part croissante de jeunes vivants sous le seuil de pauvreté (20% selon le secours catholique), difficultés croissantes à accéder au logement et aux soins : la France n’offre aujourd’hui pas les garanties sociales pour une vie décente à ses jeunes.

L’UNEF s’opposera à tout « effort supplémentaire » demandé aux jeunes

Dans un tel contexte, il est insupportable pour les étudiants qui vivent ces difficultés au quotidien d’entendre dire qu’il faudra encore se serrer la ceinture. Alors que le diplôme est une arme indispensable pour ne pas se retrouver démuni face au chômage de masse, tout effort supplémentaire éloignera durablement des centaines de milliers de jeunes de l’enseignement supérieur.

En particulier l’annonce de l’instauration d’une nouvelle augmentation de la TVA à la fin de l’année 2012 va pénaliser en premier lieu les jeunes. En effet, l’augmentation des prix va peser sur des porte-monnaie déjà vides alors qu’aucune nouvelle ressource ne viendra compenser cette perte. Ce n’est pas aux jeunes de financer le retour du AAA !

Nous voulons un débat public, pas des menaces !

Faute de pouvoir convaincre, le gouvernement promet un naufrage à quiconque ne souscrira pas aux exigences européennes concernant la gestion des comptes publics. C’est ainsi que nous est présenté le traité que le chef de l’Etat s’apprête à signer et qui va ériger en règle européenne le calvaire vécu aujourd’hui par les jeunes grecs ou les jeunes espagnols. L’UNEF dénonce cette politique autoritaire alors que le coût financier de l’échec universitaire, de la précarité étudiante et du manque de jeunes diplômés ne sont jamais pris en compte. L’austérité c’est plus de jeunes exclus de toute formation, plus de jeunes obligés de se tourner vers le marché du travail sans diplôme et finalement moins de travailleurs qualifiés en France.

La vraie rupture avec la crise, c’est une allocation d’autonomie pour tous les jeunes

Des alternatives existent pourtant. Des milliards d’euros sont perdus chaque année en politiques d’incitation fiscales qui n’ont pourtant jamais fait leur preuve en terme de baisse du chômage. Les deniers publics doivent d’abord et avant tout servir à faire fonctionner une société moins inégalitaire, au service des besoins de sa population.

L’allocation d’autonomie, qui nécessite un investissement de 10 milliards d’euros de la part de l’Etat, permettrait à l’ensemble d’une génération d’accéder à des qualifications de haut niveau, de libérer les énergies et de porter un nouveau modèle de croissance. Notre pays fait-il si peu confiance à sa jeunesse, qu’il préfère proposer des effets d’aubaine aux entreprises sans résultat, plutôt que de donner aux jeunes de quoi se former décemment ?

Laissez nous décider de notre avenir!

Les jeunes ne veulent plus regarder les droits sociaux s’amenuiser à mesure que les banques réclament de nouvelles garanties pour leur placement. Cette Europe n’est pas la notre, cette société n’est pas la notre, et nous n’attendrons pas que la situation soit irréversible pour le faire savoir.

L’UNEF appelle tous les étudiants de France à rejoindre les cortèges de mobilisation le 29 février aux côtés des salariés pour exprimer le refus de toute nouvelle mesure d’austérité.

Quelle que soit la majorité au pouvoir au lendemain du 6 mai, l’UNEF en lien avec les organisations étudiantes européennes fera de la lutte contre toutes les mesures d’austérité sa priorité syndicale.