La mobilisation des jeunes, élément incontournable pour changer la donne

Ces dernières années notre génération s’est mobilisée à de nombreuses reprises. Des mobilisations lycéennes pour la défense du service public d’éducation aux manifestations des jeunes pour la défense du système de retraites, les jeunes n’ont cessé d’exprimer durant 5 ans leur légitime aspiration à vivre mieux que leurs parents.

Ce refus des jeunes à se livrer au fatalisme et à la résignation tranche avec l’image qu’une grande partie de la société se fait de la jeunesse. Les enquêtes d’opinion démontrent que les clichés autour de la jeunesse ont la peau dure. Pour une majorité de sondés les jeunes seraient perçus comme individualistes et intolérants. Ils dégageraient au final une image négative qui est révélé par le fait qu’une majorité de personnes pensent que les jeunes ne sont pas prêts à s’engager pour des causes utiles à la société. 

Ces idées reçues sont en total décalage avec la volonté qui habite les jeunes. L’engagement quotidien des jeunes dans les associations, les collectifs citoyens, les partis politiques ou les syndicats est la démonstration même que les jeunes n’aspirent qu’à faire société.

C’est notamment pour mettre fin à ces clichés et faire entendre la voix des jeunes que nous pensons que les changements qui attendent notre pays après la crise doivent reposer sur les jeunes. 

Changer la société pour la rendre plus juste, une aspiration commune des jeunes

Notre génération est plongée dans un univers d’une violence sociale inouïe dans lequel la peur du lendemain vient amputer le dynamisme naturel de l’âge. La société ne lui offre plus de perspective d’émancipation sociale par l’école ou par le travail.

Si le diplôme reste une protection contre le chômage, il n’est plus une perspective d’ascension sociale, pire les jeunes issus de milieux modestes en sont encore privé.  

L’emploi est devenu une « chance » à tel point qu’il faudrait en accepter toutes les conditions. Les formes d’emplois précaires (stages, intérim, CDD) autrefois brocardés sont aujourd’hui présentées comme un passage obligatoire. 

A cela s’ajoute les discriminations que subissent une grande partie des jeunes. Issus des quartiers populaires de nombreux jeunes subissent un racisme quotidien qui les ostracise en les désignant comme à peine français. 

Nous ne voulons rompre avec cet état de fait. Nous ne voulons pas de la charité accordée par ceux qui veulent se donner bonne conscience, mais des droits. Le droit de se former dans de bonnes conditions, le droit d’accéder à un emploi stable, le droit de construire sa vie de manière autonome. Ce que nous voulons, c’est la reconnaissance par notre pays de l’intérêt d’un haut niveau de qualification pour sa jeunesse et la mise en place d’une allocation d’autonomie liée à la réalisation d’un projet de formation et d’insertion, pour mettre un terme à la situation actuelle faisant reposer le financement des études par les étudiants et leur famille. 

Nous voulons être pleinement intégrés dans la société. Nos revendications révèlent un double objectif. Nous voulons sortir du sas de précarité dans lequel nous sommes plongés en bénéficiant des mêmes droits que le reste de la population. Mais nous voulons surtout que par l’amélioration des conditions de vie de notre génération, l’ensemble de la société s’en trouve renforcée. Améliorer la situation des jeunes d’aujourd’hui c’est un investissement pour demain. De notre situation dépend l’état des comptes sociaux, la vitalité de l’économie ou encore le renforcement de la démocratie. 

C’est bel et bien dans un objectif de transformation sociale que nous inscrivons nos combats militants.

S’engager pour aller plus loin !

Notre objectif est d’imposer une rupture radicale avec les politiques publiques qui depuis plus de 30 ans n’ont pas permis de sortir les jeunes de la précarité. Pour cela nous avons besoin d’être rassemblés et de nous faire entendre plus fort. C’est pour cela que l’engagement des jeunes dans les organisations collectives est une nécessité. Cet engagement doit permettre aux jeunes de faire entendre aux associations, syndicats, partis les aspirations de notre génération. Mais cet investissement est également un puissant outil permettant à notre génération de concrétiser ses combats.

L’engagement collectif, gage d’efficacité

Si nous sommes parvenus gagner des batailles syndicales importantes sous le mandat de Nicolas Sarkozy (10ème mois de bourses, maintien des aides au logement, nouveaux droits pour les étudiants en licence), c’est parce que l’UNEF a su exercer un rapport de forces conséquent sur les pouvoirs publics. C’est par la pression collective, qu’elle se manifeste par des pétitions, des manifestations ou des élections étudiants que nous pouvons continuer à avancer vers de plus de droits. Ce rapport de force se traduit en partie dans le débat présidentiel où une partie importante des candidats reprennent de nombreuses revendications historique de l’UNEF comme l’allocation d’autonomie.

Le vote : une étape indispensable pour gagner

On entend souvent dire que les jeunes n’ont pas réellement de poids politique, qu’ils s’intéressent peu au vote et laissent les générations plus âgées décider pour eux. Faisons mentir ces analyses ! Le vote est surement le geste démocratique le plus suivi par les dirigeants politiques, les incitant ainsi à écouter leur électorat pour construire les réformes. Pour pouvoir peser face au prochain gouvernement, il faudra voter massivement pour montrer notre détermination. Si le vote ne sera pas suffisant, il représentant une étape indispensable pour que notre projet puisse devenir une réalité.