Compte rendu de l’atelier sur l’emploi des jeunes organisé par l’OIT (Organisation internationale du travail)

« Les jeunes n’ont pas de problème avec l’emploi, c’est l’emploi qui a un problème avec les jeunes »

Confrontés à une explosion du chômage depuis 2008, les jeunes subissent fortement les conséquences de la crise mondiale. Il leur devient de plus en plus difficile de trouver autre chose qu’un emploi précaire ; certains par découragement finissant même par se retirer du marché du travail (voir enquête 2011 du BIT sur l’emploi des jeunes).

L’OIT (Organisation internationale du travail), qui a lancé une mise en garde contre le risque de traumatisme pour toute une génération, a inscrit à l’ordre du jour de la prochaine Conférence Internationale du Travail (31 mai au 15 juin 2012) un débat général sur l’emploi des jeunes. Un Forum de la jeunesse sera également organisé à Genève les 23, 24 et 25 mai 2012.

Dans la perspective de ces débats, le Bureau de l’OIT pour la France a organisé le 21 mars une rencontre avec des représentants des employeurs, des organisations syndicales et des mouvements de jeunesse pour faire émerger les moyens d’agir en faveur d’un travail décent.

Cela nécessite d’abord de s’entendre sur cette notion de jeunesse qui reflète une grande diversité des situations. « Il n’existe pas une mais plusieurs jeunesses », ont relevé plusieurs participants. Il serait tentant d’identifier des difficultés propres à la jeunesse pour expliquer ses problèmes d’insertion professionnelle. Mais pour Emmanuel Zemmour, « les jeunes n’ont pas de problèmes avec l’emploi, c’est l’emploi qui a un problème avec les jeunes, Les risques actuels du marché du travail, stages, intérim, contrats à durée déterminée, rémunérations au niveau du Smic, poursuit le président de l’Unef, sont largement supportés par les jeunes quel que soit leur niveau de qualification ».

Cette dégradation des conditions de vie professionnelle a conduit toute une génération à revoir ses ambitions à la baisse. « La quête d’une stabilité a remplacé celle de l’ascension sociale », relève Michaël Suaud de la « Jeunesse Ouvrière Chrétienne ». Comment dépasser ces difficultés pour accéder à des emplois décents ? Pour Sandrine Forzy du CNAJEP « Il faut considérer les jeunes comme acteurs du changement ». Tous ces élements de constat étaient largement partagés par l’assistance.

Les participants à cette matinée d’échange ont formulé plusieurs propositions:

Des représentants syndicaux ont demandé  » que l’on cesse de stigmatiser les jeunes et qu’on les considère comme des salariés, des militants, et des responsables comme les autres ». Raymond Torres, directeur de l’Institut international d’études sociales du BIT, a plaidé pour la mise en œuvre d’une approche globale coordonnée au niveau mondial, notamment par le biais du G20. Il est également nécessaire de renforcer le Pacte mondial pour l’emploi adopté par l’OIT en 2009 pour orienter les politiques nationales et internationales vers la création d’emplois décents.

Participants à l’atelier : Marjorie Alexandre, assistante confédérale CGT-FO, Dominique Corona, Secrétaire national Unsa, Pierre Coutaz, conseiller confédéral Europe-International CGT, Alexandre Dangreau, coordinateur jeunes CGT-FO, Antoine Evennou, Unsa jeunes, Sandrine Forzy, Comité pour les relations Nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire (Cnajep), Adeline Mongrue, Centre des jeunes dirigeants (CJD), Jean-Baptiste Prévost, président du groupe des organisations étudiantes et mouvements de jeunesse du CESE, Claude Raoul CFTC, Johan Sarraute CFE-CGC, Catherine Schlacther CFDT, Michaël Suaud, Jeunesse Ouvrière Chrétienne (Joc), Raymond Torres, Directeur de l’Institut international d’études sociales, BIT , Thiébaud Weber, Secrétaire confédéral chargé de l’action revendicative « jeunes » CFDT, Emmanuel Zemmour, Président de l’Unef.