L’UNEF demande l’arrêt de la signature des IDEX et l’ouverture d’un débat national

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a annoncé la signature de trois nouvelles conventions IDEX-Etat le 19 avril dernier avec les porteurs de projet IDEX de Paris Saclay, de Sorbonne Universités et de Paris Sciences et Lettres. Ces signatures de conventions viennent s’ajouter à celles déjà signées par les IDEX de Bordeaux, Strasbourg et Aix-Marseille. Après avoir piétiné la représentation des personnels et des étudiants en sélectionnant les 8 projets IDEX par un jury international, le gouvernement continue sa marche forcée en imposant la signature des conventions sans aucune concertation et cela à quelques jours de l’élection d’un nouveau président de la République.

L’UNEF dénonce l’opacité et la précipitation des signatures de conventions

Alors que les oppositions aux projets IDEX se font de plus en plus fortes au sein de la communauté universitaire, le gouvernement a fait le choix du passage en force en faisant signer 6 conventions IDEX-Etat. Dans de nombreux établissements, les conseils d’administration n’ont pas été consultés sur la signature des conventions IDEX-Etat alors que celles-ci engagent durablement l’ensemble de la communauté universitaire. C’est le cas à l’université d’Aix Marseille ou encore à Paris 11 où le congrès de l’université a demandé le report de la signature de la convention. La précipitation dans laquelle s’effectuent ces signatures ne permet pas l’émergence de projets qui rassemble l’ensemble des acteurs de l’université et de prendre en compte les renouvellements des conseils des établissements. Les prises de décisions se font par le haut, au sein des porteurs de projets IDEX où la démocratie et en premier lieu la représentation étudiante est inexistante.

L’UNEF dénonce la logique des IDEX qu’impose le gouvernement

Les projets IDEX exacerbent la concurrence entre les universités. Avec les IDEX, la logique de financement de l’enseignement supérieur est en train de changer de nature en favorisant les projets au détriment de l’activité. Certains projets sont sélectionnés, d’autres exclus au risque de créer un enseignement supérieur à plusieurs vitesses. A l’intérieur des projets, tous les étudiants ne bénéficieront pas des mêmes conditions d’études avec la mise en place au sein des projets de parcours différenciés où les moyens seront concentrés sur une poignée d’étudiants au détriment de la masse. Enfin, les projets IDEX retenus incluent des changements important au sein des universités avec les fusions d’établissements et les changements de statut. Autant de mutations qui s’opèrent sans réel débat au sein de la communauté universitaire.

A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle et alors que les motions, pétitions, initiatives intersyndicales et rassemblements se font de plus en plus nombreux au sein des universités concernées par les IDEX, l’UNEF exige l’arrêt des IDEX.

L’UNEF demande l’ouverture d’un débat démocratique au sein de chaque établissement et la prise en compte des étudiants qui lors des élections étudiantes ont exprimé leur rejet de la mise en concurrence des universités.

L’UNEF exige également l’ouverture d’un débat national sur la structuration de la carte universitaire et pour corriger les inégalités de financement des universités.

L’UNEF appelle les étudiants à se joindre aux initiatives intersyndicales dans chaque université pour s’opposer aux IDEX et à leurs effets et à se mobiliser le 1er mai pour exiger l’arrêt des logiques de concurrence qui depuis 5 ans sont au cœur des politiques d’enseignement supérieur.