C’est sur ses actes que les jeunes jugeront le nouveau président de la République

Avec 51,67% des suffrages exprimés, François Hollande a été élu ce dimanche 6 mai 2012 président de la République française. L’UNEF salue la victoire d’un candidat ayant choisi de faire de la jeunesse une priorité nationale, et ayant obtenu un score de 57% chez les 18-24 ans. L’UNEF avertit le nouveau président élu que les attentes sont fortes et qu’il n’y aura pas de période de grâce pour les étudiants. En effet, la crise économique et sociale qui plonge des milliers de jeunes dans la précarité exige des réponses concrètes et immédiates.

Un président sortant sanctionné pour son bilan.

En ne recueillant que 48,33% des suffrages exprimés, Nicolas Sarkozy n’est pas parvenu à obtenir une nouvelle fois la confiance d’une majorité de citoyens. C’est d’abord le bilan social du président sortant qui a été sanctionné dans les urnes. Le mandat qui s’achève a en effet été celui d’un abandon de catégories entières de la population face à la crise économique et sociale, en particulier des étudiants.

Ainsi, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, seuls 2 étudiants sur 10 pouvaient toucher une bourse d’un montant maximal  de 460 euros, soit moins de la moitié de leurs besoins mensuels. Les 80% d’étudiants restants, n’ont touché aucune aide financière liée à leurs études durant les cinq dernières années. Les étudiants issus des milieux les moins aisés ont été les premiers à payer le prix de cet abandon. Entre 2006 et 2012, la part d’enfants d’ouvriers et d’employés sur les bancs des universités a ainsi diminué de 9%.

Des étudiants dans une situation d’urgence sociale.

Les étudiants ont été très fragilisés par la crise économique. La quasi-absence de réponse de la part du gouvernement sortant a considérablement dégradé leurs conditions d’études. Ainsi, un jeune sur deux doit vivre aujourd’hui avec moins de 400 euros par mois. Cette précarité croissante a un impact certain sur la réussite universitaire. Alors qu’en 2003 on comptait 48% de jeunes cumulant études et salariat, ce chiffre s’élève aujourd’hui à 73%.

Des jeunes premières victimes du chômage de masse.

En galère à l’université, les jeunes souffrent aujourd’hui particulièrement du chômage de masse. Exclus de tous les minima sociaux, ils doivent accepter toutes les offres d’emploi alimentaires, au mépris de leurs qualifications et retardent ainsi de plusieurs années leur accès à l’autonomie. On compte ainsi 400 000 jeunes de moins de 25 ans, obligés de vivre avec un revenu mensuel de 0 euros.

François Hollande doit concrétiser ses engagements par des actes immédiats.

Le nouveau président élu devra répondre au plus vite aux attentes sociales des étudiants s’il veut honorer sa promesse de faire de la jeunesse sa priorité. En particulier, le parcours d’autonomie au programme du candidat, et faisant écho à la revendication d’allocation d’autonomie ne peut rester lettre morte et doit faire l’objet d’une mise en œuvre la plus rapide possible. La première étape doit donc être la mise en œuvre, dès la rentrée prochaine d’un plan social étudiant dans la perspective d’une allocation d’autonomie universelle d’ici 2017.

L’UNEF demande à être reçue au plus vite par le nouveau président.

Un président érigeant la jeunesse au rang de priorité nationale ne pourra agir efficacement sans concertation au plus au niveau avec les représentants étudiants. L’UNEF demande donc à être reçue au plus vite par François Hollande pour préciser le calendrier de montée en charge de l’allocation d’autonomie ainsi que des engagements à prendre pour la rentrée 2012. Il serait extrêmement dommageable pour la suite de son mandat, que la rentrée 2012 ne se fasse pas dans de meilleures conditions que celles des cinq dernières années.