400 élus étudiants lancent un appel en faveur de la démocratisation de l’enseignement supérieur

Les 12 et 13 mai se sont tenues les 6ème rencontres nationales des élus étudiants à Evry. Plus de 400 élus étudiants de toutes les universités et CROUS de France et de plusieurs écoles ont participé aux travaux initiés par l’UNEF. A l’issue de leurs travaux, ils ont rendu public un appel pour la démocratisation de l’enseignement supérieur, sous forme d’interpellation des candidats aux élections législatives. Sur la base de cet appel, l’ensemble des sections locales de l’UNEF va interpeller les candidats se présentant dans leur circonscription.

Une urgence nationale : réparer un enseignement supérieur en panne.

Les réformes universitaires mises en place sous le mandat de Nicolas Sarkozy ont eu de lourdes conséquences sur le service public d’enseignement supérieur. En se défaussant de ses responsabilités sur les établissements, l’Etat a conduit les universités vers l’impasse. La majorité d’entre elles sont aujourd’hui en situation de difficultés financières, 8 ont présenté des budgets en déficit en 2011.

En imposant la concurrence au sein du service public, le gouvernement sortant a accentué les inégalités qui minent l’enseignement supérieur. Pour la première fois depuis l’après-guerre, la France est confrontée à un phénomène de déflation universitaire. En cinq ans la part des enfants de milieux populaires dans les effectifs étudiants a baissée de 9 points. Les effets économiques du reflux de la démocratisation sont aussi inquiétants pour l’avenir du pays. Selon une étude du cabinet McKinsey, en l’absence de rebond immédiat de la démocratisation il manquera à la France, 2,2 millions de diplômés en 2020.

Une priorité, refaire de l’université un vecteur d’égalité et d’ascension sociale !

Les élus « UNEF et associations étudiantes » attendent du nouveau président de la République qu’il concrétise ses engagements par des mesures ambitieuses pour leurs universités. En particulier, tous les efforts de sa future majorité doivent être dirigés vers la construction d’une nouvelle phase de démocratisation de l’enseignement supérieur, à l’image de l’effort de massification des années 1960.

L’appel des élus met ainsi en avant quatre chantiers prioritaires pour changer de cap dans l’enseignement supérieur : la réforme des premiers cycles universitaires, la création d’une allocation d’autonomie universelle, la mise en place d’un cadre national des diplômes et l’augmentation du financement de l’enseignement supérieur.

Un collectif budgétaire dès juin pour mettre en place des mesures d’urgence

Les étudiants souffrent de la crise et du poids des décisions prises par le gouvernement sortant. Il serait incompréhensible que la rentrée 2012 se déroule dans les mêmes conditions que les cinq précédentes. C’est pourquoi l’UNEF mettra au cœur de son interpellation, la convocation d’un collectif budgétaire dès l’ouverture de la session parlementaire.

La convocation d’un collectif budgétaire doit rendre possible la mise en œuvre de mesures d’urgences. Pour cela, l’UNEF revendique la mise en œuvre immédiate de :

  • La création de 5 000 postes dans l’enseignement supérieur pour garantir la réussite de tous
  • La revalorisation de 65% des bourses étudiantes
  • L’arrêt des procédures IDEX
  • L’augmentation immédiate des Dotations Globales de Fonctionnement des universités