L’UNEF condamne la répression contre le mouvement des étudiants québécois

Le gouvernement québécois est depuis de nombreux mois contesté par le plus grand mouvement étudiant que le pays ait connu. Les étudiants se mobilisent en effet depuis près de quinze semaines contre une augmentation de plus de 80% de leurs frais de scolarité. Malgré la démission de la ministre de l’enseignement supérieur Line Beauchamp, le gouvernement de Jean Charest continue de défendre le projet. Pire, le premier ministre québécois a choisit la voie la moins démocratique, en faisant adopter une loi pour empêcher les regroupements devant les universités. Attachée aux libertés syndicales des étudiants du monde entier, l’UNEF condamne fermement l’attitude du gouvernement québécois qui choisit le pourrissement plutôt que la concertation souhaitée par les étudiants.

L’augmentation des frais d’inscription : une absurdité politique et économique

Tout au long de leur mouvement, les syndicats étudiants du Québec ont à de nombreuses reprises démontré que d’autres choix politiques étaient possible pour augmenter le budget de l’enseignement supérieur sans en restreindre l’accès. L’augmentation des frais d’inscriptions n’entrainera qu’une diminution du nombre d’étudiants, comme en témoigne le cas du Royaume-Uni où après la hausse drastique des frais de scolarité en 2011 le nombre d’étudiants a chuté dès la rentrée 2012. Alors que l’augmentation du niveau général de qualifications est un préalable à toute sortie de crise, l’UNEF déplore que le gouvernement de monsieur Charest choisisse d’insulter l’avenir pour des économies de court terme.

Une répression inacceptable du mouvement étudiant.

Suite à la mobilisation, Line Beauchamp, ministre de l’enseignement supérieur, a présenté sa démission. Le gouvernement a essayé de faire de cette démission la porte de sortie au conflit. Devant la volonté des organisations étudiantes de poursuivre les négociations, Jean Charest a préféré réprimer le mouvement. C’est dans une précipitation totale qu’il a proposé une loi remettant en cause la possibilité même d’expressions démocratiques et sociales.

Cette loi, maintenant adoptée, interdit tout regroupement de plus de cinquante personnes devant les établissements universitaires, fait peser de très lourdes amendes pour toute personne « empêchant les universités de fonctionner ». Les manifestations seront, quel qu’en soit le trajet, soumis à l’approbation de la police. La loi fait de plus peser les mêmes sanctions pour toute personne aidant par quel que moyen que ce soit une personne tierce à déroger à la loi, et ce « même par omission » (sic).

La liberté syndicale, un droit universelle.

L’UNEF dénonce cette fuite en avant liberticide. Seul les régimes les plus autoritaires, voir dictatoriaux, font appels à de telles lois remettant en cause l’existence même de la démocratie sociale dans un pays.         

Conformément à l’article 7 de la charte de Montpellier adoptée le 9 avril 2011 par plus de trente organisations étudiantes du monde entier, l’UNEF considère la liberté syndicale un droit universelle et imprescriptible.

L’UNEF exprime toute sa solidarité vis à vis des étudiants québécois, et demande au gouvernement français de condamner la répression dont ils sont victimes.