Circulaire Guéant : un retrait indispensable qui appelle d’autres changements

Lundi 21 Mai 2012, la Ministre de l’Enseignement Supérieur Geneviève Fioraso a confirmé devant la communauté universitaire que sa première mesure serait le retrait de la circulaire Guéant. L’UNEF salue l’annonce d’une mesure indispensable pour des milliers de jeunes diplômés, mais rappelle que depuis un an, de nombreuses mesures prises à l’encontre des étudiants étrangers, constituent un arsenal législatif qui doit désormais être revu.

Circulaire du 31 mai, un retrait nécessaire et attendu par les étudiants…

La circulaire prise le 31 mai 2011 a eu pour conséquence de rendre quasiment impossible l’insertion professionnelle des étudiants étrangers non ressortissants de l’UE. En posant des conditions drastiques afin d’obtenir le changement de statut d’étudiant à salarié, Claude Guéant ministre de l’intérieur à l’époque avait plongé de nombreux jeunes diplômés dans des situations humainement délicates. Le retrait de cette circulaire est une lueur d’espoir pour les milliers de diplômés étrangers menacés d’expulsion. Il s’agit d’une première victoire de la mobilisation des étudiants étrangers que l’UNEF a mené à leurs côtés. Le retrait de la circulaire est une première étape qui doit appeler d’autres changements.

… mais pas suffisant pour les étudiants étrangers

Cependant, si cette circulaire avait crée un tollé au sein de la communauté universitaire et provoqué la mobilisation les étudiants, elle n’a pas été la seule à venir dégrader les conditions de séjour des étudiants étrangers. Cette dernière année, le gouvernement a multiplié les attaques contre les 300 000 étrangers étudiants sur le banc de nos universités. Ceux-ci ont vu de nombreuses mesures s’abattre sur eux et accroitre leur précarité administrative. Ainsi, depuis septembre 2011, ces étudiants doivent justifier, pour obtenir leur titre de séjour, de ressources mensuelles de 620 euros, contre 460 euros auparavant. En parallèle, depuis le 1er janvier, la loi de finances 2012, prévoit que le renouvellement d’un titre de séjour pour les diplômés qui souhaitent changer de statut coûte entre 200 et 358 euros contre 55 à 70 euros auparavant.

L’UNEF exige le retrait des récentes mesures ainsi que l’ouverture de négociations sur les conditions d’accueil des étudiants étrangers

Pour l’UNEF, le retrait de la circulaire Guéant doit s’accompagner d’un changement de cap en matière d’accueil des étudiants étrangers.
Le nouveau gouvernement doit désormais revenir sur le décret du 6 septembre 2011 et sur le rehaussement des taxes sur les titres de séjour, deux mesures venues accroitre les difficultés qu’éprouvent les étudiants étrangers.
Pour permettre de faciliter les démarches administratives en préfecture, l’UNEF demande également au gouvernement de permettre l’application de la loi sur le titre de séjour pluriannuel pour les étudiants de second et troisième cycle en délivrant une circulaire d’application aux préfectures, ainsi que l’élargissement de ce dispositif pour les étudiants de licence.
Outre ces mesures, l’UNEF demande l’ouverture de négociations avec le gouvernement afin de mettre fin à la dégradation des conditions d’accueil qu’ont connu ces dernières années les étudiants étrangers.

Afin d’appuyer cette démarche, l’UNEF lance une pétition en ligne sur son site internet.