L’UNEF salue la décision du président de l’Université Paul Sabatier de suspendre le Plan Campus

Le président de l’Université Paul Sabatier (Toulouse 3), Bertrand Monthubert, a décidé de suspendre le partenariat public-privé (PPP) prévu dans le cadre du volet toulousain du Plan Campus. Mis en place en 2008 par Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse, le Plan Campus repose sur la mise en place de partenariats public-privé remboursés par des dotations publiques et par la participation financière des universités concernées par les rénovations et constructions immobilières. L’UNEF salue la décision de Bertrand Monthubert de suspendre le Plan Campus. L’UNEF demande au gouvernement de remettre à plat le Plan Campus et de revenir sur les partenariats public-privé engagés.

Les PPP, une bombe a retardement pour les universités françaises

Les partenariats public-privé contractés sous le gouvernement sortant représentent un coût financier considérable pour les universités engagées dans le Plan Campus. En refusant d’investir directement dans les opérations immobilières sélectionnées, l’État a laissé la maitrise des travaux et la gestion du futur immobilier aux investisseurs privés. Loin de réaliser des économies budgétaires, ce procédé va entrainer des surcouts financiers importants tant pour les universités que pour l’État. Le coût du financement de l’opération par les partenariats public-privé est 20% plus élevé que si l’État avait réalisé un crédit normal. L’État ne prenant pas en charge l’ensemble des surcouts générés par les partenariats, ce sont les établissements eux-mêmes qui sont soumis à contribution financière. Déjà exsangues après l’absorption des nouvelles compétences conférées par la LRU, les universités sont saignées à blanc par le remboursement des PPP qui creusent leurs déficits.  En stoppant l’opération à l’Université Paul Sabatier, le président Monthubert ouvre une voie dans laquelle les autres universités concernées doivent s’engager.

L’UNEF demande à la ministre l’arrêt des PPP et une remise à plat de l’opération Campus

Lors de son discours devant la communauté universitaire le 21 mai dernier, Geneviève Fioraso, la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur, a vivement critiqué les partenariats public-privé. L’UNEF demande à la ministre d’arrêter les partenariats public-privé engagés. Un plan de financement public des constructions et des rénovations doit se substituer aux PPP.

Cette remise en cause des PPP doit être suivie par une révision du Plan Campus. L’UNEF demande à la ministre un plan pluriannuel permettant la remise aux normes de tous les bâtiments universitaires en situation délicate. Ce plan de rénovation doit être accompagné de nouvelles constructions permettant aux établissements d’offrir aux étudiants et aux personnels de meilleures conditions de travail. Pour cela, l’UNEF revendique :

• Un financement prioritaire pour les campus délabrés qui ne sont pas pris en charge par le Plan Campus

• La garantie d’un financement public de l’ensemble des plans de rénovation et construction

• La gestion par le CROUS des lieux de restauration et des logements universitaires prévus dans les constructions

• Un investissement fléché en direction des constructions nécessaires à l’amélioration des conditions d’études : rénovations des amphis, constructions de salles de cours, plans de construction de centres de ressources documentaires (BU), construction de lieux de vie…