Encadrement des loyers à la relocation, une première avancée pour les étudiants

Cécile Duflot, ministre du logement, vient d’annoncer le blocage des loyers à la relocation par la publication durant l’été d’un décret. L’UNEF salue cette mesure qui répond à une revendication étudiante de longue date visant à réguler le parc locatif privé. Cependant cette mesure ne constitue à ce stade qu’une mesure d’urgence, elle doit être suivie au plus vite d’une large concertation visant à faire du droit au logement une réalité pour tous les étudiants.

Les étudiants, premières victimes de l’augmentation des loyers

Cette année, les étudiants ont souffert particulièrement de la flambée des loyers du parc locatif privé. En région parisienne, les loyers de petites surfaces ont augmenté de 8,4% selon l’Observatoire des Loyers en Agglomération Parisienne (OLAP). En région cette augmentation a été plus modérée mais supérieur à l’Indice de Référence des Loyers (+ 1,9%). Cette flambée des prix impactent profondément les conditions de vie des étudiants, plus de la moitié du budget d’un étudiant est consacrée au logement. La dérégulation des loyers constatée ces dernières années à entrainé chez les étudiants un véritable renoncement à accéder aux logements indépendants.

Les étudiants victimes de la tarification des petites surfaces

Les petites surfaces privilégiées par les étudiants ont été la catégorie de logements qui ont vu les tarifs s’envoler. Une véritable spéculation a touchée ces logements, les étudiants ont été à la fois victime de la sur-tarification des loyers et d’une hausse des loyers à chaque relocation. Aujourd’hui, les loyers des logements de petites surfaces sont largement supérieurs à la norme. Par ailleurs, les étudiants restant peu de temps dans leur logement, les bailleurs ont profité de l’absence de règle pour augmenter les loyers, en 10 ans les loyers parisiens ont augmenté de 50%. En moyenne, un étudiant paye aujourd’hui des loyers mensuels allant de 750 € en région parisienne et 450 € par mois en régions.

Des négociations doivent être entamées pour faciliter l’accès des jeunes au logement

L’UNEF demande à être reçu par la ministre du logement afin d’établir un véritable plan de bataille pour l’accès des étudiants au logement. L’ouverture de négociations préalable à la rédaction de la programmée pour 2013 est une nécessité. Elles doivent prévoir une concertation large avec les organisations étudiantes. Les étudiants ont besoin de mesures d’ampleurs sur le logement, ce qui a cruellement manqué depuis cinq ans. Pour cela, l’UNEF revendique  :
• La mise en place dès cet été des mesures bloquant les loyers à la relocation.
• Un encadrement des loyers des petites surfaces, à la relocation, notamment pour palier aux augmentations dues au fort « turn over » que connaissent les étudiants.
• Un plan pluriannuel de cinq ans permettant la construction de logement publics CROUS, dont les loyers sont plus accessibles et où les étudiants obtiennent une chambre sur critères sociaux. Ce nouveau plan doit rattraper le retard pris sur les plans Anciaux.
• L’augmentation de 20% des aides au logement.
• La mise en place d’un cautionnement solidaire national pour tous les jeunes.