Thierry Repentin à l’apprentissage et la formation professionnelle : L’UNEF veut une rupture avec l’apprentissage version Sarkozy

Dans le cadre du remaniement ministériel consécutif aux élections législatives, le secrétariat général de l’Élysée a annoncé ce jeudi 21 juin la nomination de Thierry Repentin comme ministre délégué en charge de l’apprentissage et de la formation professionnelle. L’UNEF salue la volonté du gouvernement d’agir pour les 450 000 jeunes en formation professionnelle, particulièrement fragiles face au besoin de qualifications. L’UNEF s’étonne pourtant  du rattachement de ce ministère à celui de l’emploi, alors que l’apprentissage et la formation professionnelle relèvent de la politique éducative. S’il ne veut pas tomber dans les travers du ministère de Nadine Morano, qui faisait de l’apprentissage un gadget pour masquer la réalité du chômage des jeunes, le nouveau ministre devra faire du rapprochement entre formation professionnelle et généraliste sa priorité.

La formation professionnelle une fausse solution pour l’embauche des jeunes.

Du CAP aux diplômes du supérieur, on compte aujourd’hui environ 450 000 jeunes en formation professionnelle. Ces jeunes souffrent de dispositifs multiples et incohérents qui se concentrent sur l’embauche immédiate et des compétences spécifiques plutôt que sur le besoin de formation initiale.

Comment ne pas retenir les leçons du ministère de Nadine Morano, vantant l’apprentissage comme la meilleure solution d’embauche pour les jeunes sans qualification ? En ignorant totalement le besoin d’une formation initiale de qualité, l’ancienne ministre a ainsi envoyé des milliers de jeunes dans des entreprises, sans aucune garantie d’une insertion professionnelle durable et de qualité. Les résultats sont sans appel : le taux de chômage des jeunes passés par l’apprentissage n’est pas inférieur à celui de ceux passés par une formation initiale. De plus, selon le CEREQ, 20% des jeunes en apprentissage ne vont pas au bout de leur contrat. Finalement, la priorité à l’apprentissage n’aura servi qu’à une baisse temporelle et artificielle des chiffres du chômage.

La priorité doit être mise sur le besoin de formation des jeunes.

En mettant fin à l’hypocrisie de sa prédécesseur en faisant de l’amélioration des formations professionnelles sa priorité, le ministre pourra ouvrir la voie à des réformes utiles. Il sera en particulier nécessaire de réguler les dispositifs de formation professionnelle, nombreux, peu lisibles et souvent très coûteux pour des jeunes déjà dans une situation précaire. De plus, la formation professionnelle doit devenir un levier d’une politique de retour à la formation pour les jeunes sans qualification. Dans cette perspective, par la création de passerelles vers les formations initiales, meilleure garantie d’une bonne insertion professionnelle pour les jeunes.

L’UNEF demande la tenue d’un sommet de la jeunesse, pour une politique générale d’accès à la formation.

La « priorité à la jeunesse » affichée par le gouvernement, ne saurait être une superposition de politiques spécifiques et sans cohérences les unes avec les autres.

L’UNEF réclame la tenue d’un sommet pour la jeunesse sous l’égide du premier ministre et qui  réunisse l’ensemble des ministères concernés (Jeunesse et vie associative, Éducation nationale, Enseignement supérieur, Logement et Emploi, Affaires sociales) pour qu’une politique globale pour la jeunesse puisse être définie en concertation avec les organisations de jeunes.