Jeunesse ou rigueur, le gouvernement doit choisir sa priorité

A l’issu d’un séminaire consacré au budget 2013, le gouvernement a annoncé lundi 25 juin un gel des dépenses de l’Etat pour la période 2013-2015. Alors que le pouvoir d’achat des jeunes est en berne et que le vote des frais obligatoires étudiants (frais d’inscription, ticket de restauration) s’approche, l’UNEF alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures dès cet été. L’absence d’un geste fort pour préserver les jeunes d’une politique de rigueur, conformément aux engagements pris par le président de la République, serait injustifiable.

Une baisse inquiétante des dépenses publiques s’annonce.

Le gouvernement de Jean Marc Ayrault a annoncé ce lundi 25 juin qu’il faudrait un effort budgétaire de 10 milliards d’euro pour atteindre l’objectif de réduction des déficits. Les seuls ministères à ce jour préservés seraient l’Education Nationale, la Justice et l’Intérieur. Les étudiants s’inquiètent de ces premières annonces qui laissent présager un maintien de l’enseignement supérieur dans une crise budgétaire sans précédent. La relance de la démocratisation souhaitée par le gouvernement et nécessaire pour l’économie du pays ne pourra avoir lieu à moyens constants.  

Comme un écho au séminaire du début de semaine, la ministre de l’Enseignement supérieur Géneviève Fioraso s’est alarmée hier sur l’antenne de France Inter de « l’impasse budgétaire » que constituerait le dixième mois de bourse.

Le statu quo concernant les conditions de vie étudiantes serait injustifiable!

L’UNEF fera connaître dès la rentrée l’évolution du pouvoir d’achat étudiant, dont une large partie dépendra des décisions issues du collectif budgétaire du mois de juillet. Cependant, plusieurs éléments annoncent d’ores et déjà une situation alarmante. Souvent dépendants des transferts familiaux, les étudiants voient en effet les sommes accordées par leurs familles fondre avec la baisse du pouvoir d’achat révélée par l’INSEE ce mercredi 27 juin. De plus, l’absence d’indexation des bourses sur l’inflation durant les cinq dernières a entraîné un véritable décrochage du pouvoir d’achat étudiant. Dans ce cadre, la baisse des prestations sociales en direction des étudiants ne constitue donc pas une perspective ne serait-ce qu’envisageable.

Etouffés financièrement, les étudiants attendent du collectif budgétaire non seulement la sécurisation du budget des bourses pour garantir un versement à date fixe, mais aussi un coup de pouce sur le montant de leurs aides. L’UNEF exige au contraire une augmentation de 4% des bourses étudiantes pour rattraper l’inflation.

Priorité à la jeunesse ?

En faisant de la jeunesse sa grande priorité, François Hollande a envoyé un signe positif aux millions de jeunes dont les conditions de vie privent d’un accès à une formation de qualité et à une insertion professionnelle durable. Les conditions nécessaires à l’enrayement de la précarité de la  jeunesse ne seront pourtant pas réunies si le gouvernement néglige les nécessaires investissements dans le service public de l’enseignement supérieur d’une part, et le soutien financier direct aux jeunes d’autre part. L’enseignement supérieur, partie intégrante du service public de l’Education, ne saurait donc être exclu d’un effort national en direction des jeunes de notre pays.

C’est pourquoi l’UNEF revendique :

–       Un gel des dépenses obligatoire (sécurité sociale, frais universitaire, ticket de restauration).

–        Une revalorisation de 4% des bourses dès le collectif budgétaire du mois de juillet pour rattraper l’inflation.

–       Un accompagnement financier pour l’accès au logement, premier poste de dépenses étudiantes, et articulé autour du blocage des loyers de petite surface et de la revalorisation des APL de 20%.

–       Un sommet pour la jeunesse avant la fin 2012 qui fixe un calendrier opérationnel de mesures sociales pour garantir un accès de tous à la formation et débouchant sur la création d’une allocation d’autonomie effective en 2017.

C’est maintenant que les jeunes veulent des réponses, pas à l’issue d’une éventuelle sortie de crise.