L’UNEF remporte les élections au CNESER et confirme sa place de première organisation étudiante

Avec 36,3% des suffrages exprimés et 4 élus sur 11, l’UNEF est à nouveau sortie victorieuse des élections au CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche). Avec plus de 220 voix d’avance sur la deuxième organisation, l’UNEF arrive largement en tête de ce scrutin. Ce score confirme les très bons résultats électoraux obtenus par l’UNEF dans tous les établissements universitaires de France. A ce jour, l’UNEF est la seule organisation étudiante présente dans l’ensemble des conseils d’administration de France.

Une élection en aucun cas comparable aux scrutins précédents

Malgré la progression du pourcentage de voix réalisées par l’UNEF (36,3% contre 33% en 2010), l’UNEF perd un siège par rapport au scrutin de 2010. Ce décalage entre la progression en pourcentage de voix et le nombre de sièges obtenus s’explique par la décision du ministère de modifier en cours de route les règles régissant le scrutin.

En effet, à seulement trois semaines de l’ouverture du vote et alors que les listes électorales avaient déjà été publiées, le ministère de l’enseignement supérieur a décidé de réduire le corps électoral en supprimant le droit de vote de près de 400 électeurs issus des universités. Cette décision juridique a entrainée un déséquilibre conséquent de la représentation étudiante qui a porté atteinte à la sincérité du scrutin. Alors qu’ils ne représentent que 8% des étudiants votants aux élections au CNESER, le poids des élus des écoles est de 25%. Une voix d’un élu en école vaut donc à ce jour 2,5 fois la voix d’un élu d’université.

Par ailleurs, le climat particulièrement houleux dans lequel s’est déroulé le dépouillement à été l’occasion de nombreuses décisions prises unilatéralement par le ministère contre l’avis majoritaire des étudiants.

 À ce stade, l’UNEF envisage donc la possibilité d’un recours administratif. Quelle qu’en soit l’issue, le ministère ne peut plus maintenir des règles portants atteintes à la juste représentation des usagers de l’enseignement supérieur. De profondes modifications sont attendues. Certaines d’entre elles passeront inévitablement par une réforme de la gouvernance des universités.

 Le gouvernement doit entendre le vote des étudiants

En votant très majoritairement pour l’UNEF, les étudiants ont adressé un message fort au gouvernement. Dans le cadre de la politique de jeunesse souhaitée par le gouvernement, les étudiants ont affirmé leur volonté de voir la démocratisation revenir au cœur des politiques d’enseignement supérieur.

 En particulier, la relance de la démocratisation des universités françaises devra être l’objectif recherché par la future loi issue des assises de l’enseignement supérieur. Cette exigence ne pourra être satisfaite que par des actes politiques forts articulés autour de trois chantiers majeurs : la réussite en premiers cycles, la protection sociale des étudiants et le nécessaire investissement dans le service public d’enseignement supérieur.

 C’est à l’aune des réponses apportées par le ministère sur ces problématiques que les étudiants jugeront de l’action du nouveau gouvernement.