Motion de soutien aux étudiants incarcérés en Turquie

Depuis de nombreux mois la situation des droits de l’homme est inquiétante en Turquie.  Récemment, une étudiante française de l’université de Lyon 2, Sevil Sevimli qui était en Erasmus en Turquie, a été arrêtée et est suspectée d’appartenir à une organisation terroriste .Si rien ne permet d’affirmer ni d’infirmer un quelquonque lien entre cette étudiante et le Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C), en revanche il est aujourd’hui avérée qu’en Turquie plusieurs centaines d’ étudiants sont emprisonnés sous des prétextes pour le moins fallacieux. Plus généralement aujourd’hui en Turquie c’est la situation de l’ensemble des opposants au régime qui est inquiétante  car depuis l’adoption de la loi anti-terroriste (Terörle Mücadele Kanunu) en 2006 ; la situation des opposants au régime de Recep Tayip Erdogan, leader du parti islamo-conservateur AKP, est très préoccupante. Sous couvert de lutte contre le terrorisme ce sont en réalité les défenseurs des droits de l’homme qui sont aujourd’hui suspecté, menacés et arrêtés par les forces policières du régime.

Aujourd’hui la Turquie présente le nombre le plus élevé  de personnes incarcérées sous motif de suspicion d’appartenance ou de soutien à des « groupes terroristes », qui en réalité sont bien souvent des groupes militant pour le respect des droits des minorités  en Turquie et les opposants du régime actuelle turque. De la présence à des concerts de soutien, en passant par le port d’un keffieh, voir même la tenue de propos en kurde, les motifs de suspicions et d’incarcération préventive ne sont en réalité que des prétextes à des arrestations politiques.  

Aujourd’hui c’est plus particulièrement les étudiants qui sont la cible du gouvernement, en effet  elle est la première prison pour étudiant au monde. Les étudiants sont particulièrement visés par les arrestations du régime, notamment au Kurdistan de Turquie. Aujourd’hui ce sont près de 800 étudiants ou lycéens qui sont derrières les barreaux. Le simple fait d’échanger des mots en Kurde dans des discussions SMS ou mails peut constituer un motif d’emprisonnement dit « préventif ». Cette situation est particulièrement inquiétante. Un collectif étudiant se mobilise aujourd’hui pour défendre les étudiants emprisonnés et pour que les arrestations politiques cessent. Ce collectif, appelé Initiative de Soutien aux Etudiants Emprisonnés (TODI – Tutuklu Öğrencilerle Dayanışma İnisiyatifi) rassemble des étudiants aux opinions diverses mais soudées par la volonté de faire valoir les droits de l’homme dans leur pays. La pression que ce collectif exerce commence à porter ses fruits, et des étudiants sont libérés grâce à la mobilisation. 

L’UNEF déclare s’engager au coté des étudiants membres du TODI. Les étudiants ont montré à  de nombreuses reprises, et notamment ces derniers temps au Québec, qu’ils étaient attachés à la démocratie et au respect de l’Etat de droit. La situation de l’étudiante française incarcérée en Turquie doit amener le ministre des affaires étrangères, M Fabius, à faire pression sur le régime de M Erdogan, pour que l’enquête ne soit pas le prétexte d’une dégradation des droits d’expression démocratique en Turquie. La France et l’UNEF  doit aussi s’engager dans le soutient des étudiants incarcérés en Turquie.