Rapport de l’IGAS sur les aides au logement : Une proposition à l’encontre des besoins étudiants


Dans un rapport paru le 24 Juillet 2012 l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) a proposé d’interdire aux étudiants et à leur famille de cumuler aides au logement et demi part fiscale. Les aides au logement des étudiants avaient déjà été remises en cause à plusieurs reprises par la majorité précédente qui s’était à chaque fois heurtée aux étudiants et à leurs familles. Pour l’UNEF il est inenvisageable qu’un gouvernement ayant fait de la jeunesse sa priorité puisse suivre cet avis et revoir ainsi à la baisse une aide indispensable pour des économies de bouts de chandelles.

L’APL, une aide dont les étudiants ne peuvent pas se passer.

Les aides au logement sont les seules aides financières de l’Etat auxquelles l’ensemble des étudiants peuvent prétendre et concernent aujourd’hui 700 000 d’entre eux. Dans un contexte de forte précarité et de difficulté d’accès au logement, ce soutien d’un montant moyen de 150 euros est devenu indispensable dans le budget mensuel d’un étudiant.

Ainsi, la suppression du cumul APL/Demi part fiscale obligerait 108 500 étudiants à renoncer à leur aide au logement pour que leur famille conserve la demi-part fiscale, et perdraient ainsi en moyenne 150 € par mois. De même, 325 500 étudiants devraient priver leur famille de 50 à 150 euros pour avoir le droit de conserver leur aide au logement.

Aux vues des insuffisances du système d’aide sociales, les étudiants n’ont pas les moyens de choisir entre aide de l’Etat et soutien familial.

Une proposition antisociale pour des économies de bouts de chandelles.

La provocation que constituerait une telle mesure serait d’autant plus forte que les quelques économies réalisées seraient dérisoires en comparaison avec les difficultés qu’elles provoqueraient pour les étudiants.

L’UNEF rappelle que chaque ministre qui s’était attaqué aux aides au logement des étudiants (Luc Ferry en 2004, Christine Boutin en 2008 et enfin Valérie Pécresse en 2010) avait dû procéder à un rétropédalage suite aux protestations des étudiants et de leurs familles. 

L’UNEF demande à Cécile Duflot de clarifier sa position au plus vite

En cette période de vacances et alors que les étudiants préparent leur budget pour la rentrée universitaire,  cette préconisation est un facteur d’incertitude supplémentaire dont ils se seraient bien passés. L’UNEF demande à Cécile Duflot de rassurer au plus vite les étudiants en clarifiant la situation le  plus rapidement possible en se positionnant pour le maintien du cumul APL / demi part fiscale.

L’UNEF demande également au ministère de l’enseignement supérieur et à Geneviève Fioraso d’engager rapidement une concertation autour de la refonte du système d’aide sociale pour les jeunes. La réforme nécessaire d’un système d’aide insuffisant et injuste ne pourra se faire au coup par coup et sans remettre à plat l’ensemble des dispositifs existants.