Emplois d’avenir : Une mesure bâclée risque d’être inefficace !

 Examiné ce mercredi 29 août en Conseil des ministres, le projet de loi sur les emplois d’avenir fera l’objet d’un calendrier de débat parlementaire accéléré. Initialement prévu pour la fin septembre, l’examen de la loi à l’assemblée nationale débutera finalement le 10 septembre, avançant ainsi la date d’éventuels amendements au lundi 3 septembre. L’UNEF déplore la précipitation avec laquelle le gouvernement s’apprête à prendre l’une des mesures phares de la campagne présidentielle, et dont les contours sont loin d’apporter des réponses satisfaisantes aux préoccupations des jeunes.

 Les emplois d’avenir ne doivent pas allonger la liste des dispositifs de courte vue !

 Le chômage des jeunes, particulièrement prégnant chez les jeunes sans qualification, n’est pas un problème temporaire que l’on peut régler par de simples dispositifs de transition. Privés d’accès à un contrat de droit commun, les jeunes souffrent du manque de création d’emploi mais aussi du manque de protection qui en font de véritables variables d’ajustement sur le marché du travail. La création de nouveaux emplois subventionnés ne se justifie donc qu’à deux conditions : qu’elle garantisse au jeune une véritable transition vers un emploi durable et qu’elle enclenche une dynamique de création de nouveaux emplois. A défaut, cette mesure ne ferait que s’ajouter à la longue liste des dispositifs d’exception qui ont démontré leur inefficacité depuis trente ans.

 Un projet qui ne répond pas en l’état aux besoins des jeunes dans la durée.

 Tel qu’il a été présenté en conseil des ministres, le projet actuel ne permet pas d’être optimiste quant à ses effets réels sur l’emploi. Le cadre juridique du contrat unique d’insertion retenu pour la création de ces emplois prive les jeunes de protection suffisante, notamment en cas de rupture de contrat. De plus, la possibilité d’utiliser ces emplois pour des embauches en CDD est totalement contraire aux objectifs affichés d’une insertion dans la durée.

 Outre la question de la nature du contrat de travail, l’UNEF exprime ses doutes sur l’efficacité de ce dispositif à véritablement réamorcer la pompe de l’emploi des jeunes. En effet, à la différence des emplois jeunes, le projet de loi reste extrêmement vague sur les objectifs de qualification des jeunes. Avoir une activité subventionnée de un à trois ans ne constitue pas une qualification suffisante pour l’avenir si elle ne débouche pas sur une reconnaissance institutionnelle ! Enfin, alors que les emplois jeunes garantissaient que les nouveaux contrats ne remplacent pas des CDI existants, le dispositif actuel ne contient aucune précision de ce type.

 Des modifications doivent être apportées !

 L’UNEF rappelle qu’elle attend des modifications importantes du projet de loi, à savoir :

–        L’inscription des emplois d’avenir dans le cadre de droit commun (hors CUI).

–        Le conditionnement des aides à l’embauche en CDI.

–        Le conditionnement des aides à la création de nouveaux emplois (c’est-à-dire qui ne préexistaient pas dans l’entreprise ou la collectivité concernée) dans des secteurs mieux ciblés.

–        La mise en place d’une réelle formation qualifiante pour les jeunes concernés et la garantie que cette formation sera reconnue (par un diplôme ou une Validation des acquis de l’expérience).

–        L’accès à ce dispositif à une part déterminée de jeunes qualifiés éloignés durablement de l’emploi, rémunérés à la hauteur de leurs qualifications, pour permettre une réelle dynamique de croissance et de création d’emplois.