Pas de changement à moyens constants

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Geneviève Fioraso a tenu une conférence de presse ce matin pour présenter ses priorités. L’UNEF se félicite que la ministre réponde favorablement à plusieurs de ses revendications concernant l’amélioration des conditions de vie étudiante et l’organisation des études. Cependant l’UNEF s’inquiète de la place accordée aux enjeux de bonne gestion des universités autonomes, aux dépens des besoins étudiants. Alors que la démocratisation de l’enseignement est en net recul et que l’accès au diplôme est devenu indispensable à l’emploi, les étudiants n’accepteront pas que l’économie de moyens et le sauvetage du modèle des universités autonomes prennent le pas sur la nécessité de réformer en profondeur un système en échec. Un budget en léger déficit, vaut mieux pour le pays qu’un déficit de diplômés.

Des premières réponses positives aux revendications étudiantes.

Interpellée le 22 août dernier par l’UNEF lors de la publication du rapport sur le coût de la vie universitaire, la ministre semble avoir pris conscience de l’urgence à l’amélioration des conditions de vie étudiante. L’UNEF salue l’annonce d’un plan de construction de 40 000 logements du CROUS sur l’ensemble du quinquennat, indispensable pour soulager les étudiants face à l’explosion des loyers privés. De même, la création de 1000 postes dès 2013 ainsi que la volonté de simplifier l’offre de formation de licence correspond bien aux besoins des étudiants comme des employeurs de retrouver lisibilité et qualité de l’encadrement dans les cursus universitaire. Enfin, l’annonce d’une priorité donnée aux étudiants de filières non générales pour les cursus en IUT et STS devrait permettre d’améliorer l’entrée des étudiants qui souffrent le plus du manque d’encadrement dans le supérieur.

La contrainte budgétaire menace la réussite d’une véritable politique de démocratisation.

En reconnaissant l’importance des problèmes budgétaires de plus de vingt établissements, Geneviève Fioraso confirme l’analyse de l’UNEF sur les conséquences catastrophiques de l’autonomie des universités pour la réussite des étudiants. Cependant, les étudiants ne sauraient se satisfaire d’un simple accompagnement gestionnaire par Bercy en lieu et place d’une réelle réflexion sur les besoins financiers des universités. Par exemple certaines dépenses dont l’utilité est contestable comme les milliards d’euros cédés au titre du crédit impôt recherche, pourraient être redirigés pour améliorer la qualité des activités de formation. L’UNEF publie aujourd’hui sa contribution aux assises de l’enseignement supérieur pour une vraie réforme universitaire (ci-joint). Alors que l’argent du plan licence a disparu cette année, ces réformes ne pourront aboutir dans des établissements exsangues de moyens.

En ce qui concerne le budget 2013, l’UNEF demande des garanties à la ministre pour que la réponse aux besoins étudiants prime sur le manque de moyens. L’opération de rééquilibrage ne saurait s’accompagner de fermetures de filières, de suppression de disciplines dans certains diplômes, d’une baisse des capacités d’accueil des établissements ou d’une augmentation du prix de certaines formations.  Les étudiants ont déjà payé cher l’expérience de l’autonomie des universités, il est hors de question qu’ils paient une seconde fois pour le sauvetage d’un système caduc.

L’UNEF prête à négocier une allocation sous conditions de ressources si les aides au logement ne sont pas remises en cause.

L’UNEF est prête à négocier une réforme nécessaire du système d’aides sociales actuel qui prive les étudiants de tout accès à l’autonomie et donc à la réussite. En particulier, la proposition de Geneviève Fioraso d’une concertation à l’issue des élections étudiantes sur un redéploiement de la demi part fiscal vers le système d’aides sociales va dans le bon sens. L’UNEF se saisira pleinement de ce cadre de négociation pour que le point de départ d’une refonte du système d’aides soit une augmentation significative du montant des bourses (aujourd’hui d’un maximum de 460 euros) et l’intégration au système des étudiants indépendants de leurs parents. Cependant la remise en cause des aides au logement, que ce soit pour tous les étudiants ou seulement pour une partie, ne constituera pas pour l’UNEF une base de négociation acceptable. En l’absence d’une aide universelle, il est impensable de priver des milliers d’étudiants, quel que soit leur milieu d’origine, de la seule et unique aide à l’autonomie qui existe en France.