Budget 2013 : légère hausse pour le supérieur, maintenant il faut mieux répartir les moyens.

 

Le ministère du budget a aujourd’hui fait connaître ses grandes orientations pour le projet de loi de finance. L’UNEF s’inquiète d’un plan d’économies budgétaires inédit et de ses conséquences pour l’emploi, en particulier chez les moins de 25 ans. Cependant, les étudiants sont rassurés de voir le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche en partie épargné par l’effort budgétaire, conformément à l’engagement de François Hollande de faire de la jeunesse sa priorité. La situation des universités nécessite pourtant des moyens supplémentaires d’urgence qui pourraient être trouvés dans une meilleure organisation du budget ministériel.

 Une hausse de 2,2% du budget de l’enseignement supérieur.

 

 L’augmentation du budget de l’enseignement supérieur suit l’inflation. Cette évolution est principalement due à la revalorisation des bourses étudiantes annoncées au mois de juillet. L’UNEF salue la volonté du gouvernement de ne pas faire porter les efforts de la rigueur sur des universités déjà bien mal en point.

 Cependant cette légère augmentation est loin de suffire à assurer aux étudiants des conditions de vie et d’études favorables à leur réussite. En suivant l’inflation, le gouvernement assure que la situation budgétaire des universités ne sera pas pire qu’avant, mais pas qu’elle s’améliorera. A l’heure actuelle, plus d’une vingtaine d’établissements ont du mal à boucler leur budget et menacent de fermer des filières entières, des places de TD ou tout simplement de revoir à la baisse leurs capacités d’accueil.

 Une interrogation subsiste donc très fortement sur les moyens qui accompagneront les mesures nouvelles promises par le président de la République. En particulier l’UNEF demande des précisions concernant le financement de la réforme de la réussite, des 1 000 nouveaux postes dans l’enseignement supérieur ou encore de l’allocation d’autonomie qui fera l’objet de négociations à partir du mois de décembre.

 Changer les priorités budgétaires du ministère de l’enseignement supérieur !

 Alors que les universités n’arrivent pas à accompagner l’ensemble de leurs étudiants vers l’acquisition d’un diplôme, il est urgent de remettre l’essentiel des efforts du ministère sur la réussite étudiante. En effet, le coût social et économique de l’échec universitaire pour la nation est bien plus élevé que l’investissement nécessaire.

 L’UNEF demande au ministère de revoir ses priorités budgétaires en cessant d’utiliser plus de 20% de son budget (près de 6 milliards d’euros) en subventions aux entreprises sans que cela n’ait d’effet ni sur la recherche ni sur l’emploi. En effet le crédit impôt recherche, censé booster l’investissement des entreprises dans la recherche française prive non seulement les universités de moyens nécessaires à leur activité de formation, mais représente de plus selon la cour des comptes un niche fiscale inefficace et aberrante.

 En redéployant les moyens perdus en subvention vers l’amélioration des conditions d’études des étudiants, la ministre créerait enfin les conditions d’une véritable relance de la démocratisation. La priorité à la réussite des étudiants affichée par la ministre doit maintenant se concrétiser par des actes politiques