L’UNEF appelle les étudiants à manifester mercredi 14 novembre et à voter du 19 au 30 novembre.

Du 19 au 30 novembre prochain se tiendront les élections des représentants étudiants aux conseils d’administration des 28 CROUS de France. Véritables « prud’homales » étudiantes, ces élections nationales permettront aux 2,4 millions d’étudiants du pays de faire part de leurs attentes et de leur impatience vis-à-vis du nouveau gouvernement. L’UNEF appelle les étudiants à manifester aux côtés des salariés le 14 novembre, et à s’exprimer massivement dans les urnes la semaine suivante pour qu’enfin la « priorité à la jeunesse » se concrétise par des réformes ambitieuses.

Précarité en hausse, pouvoir d’achat en baisse.

Plus de 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, 29% d’entre eux déclarent renoncer à des soins pour des raisons financières. L’augmentation des prix (+3,7% cette année pour les produits de première nécessité sans compter la hausse programmée de la TVA) diminue drastiquement leur pouvoir d’achat. 7% des étudiants seulement bénéficient d’un logement en cité universitaire, et seuls 20% d’entre eux ont le droit de toucher une bourse mensuelle.

Pour faire face à cette dégradation unilatérale de leurs conditions de vie, plus de 50% des étudiants cumulent emploi salarié et études au risque de ne pas réussir leurs examens et de renoncer à leur diplôme. En l’absence de mesures sociales d’ampleur, c’est toute notre génération qui sera frappée par l’échec et la reproduction sociale.

Chômage des jeunes : Libérer les jeunes plutôt que de les enfermer dans la précarité !

Alors que le chômage des jeunes de moins de 25 ans atteint un sommet historique à 24%, les concertations et les rapports s’enchaînent mais les réponses manquent toujours. Les dispositifs emplois d’avenir ainsi que les contrats de génération devraient contribuer à améliorer l’accès à l’emploi notamment des jeunes sans qualification, mais sans s’attaquer aux racines du problème.

Les jeunes de France sont 5 fois plus qualifiés que la génération de leurs parents, ont envie et savent travailler. En ce sens, l’UNEF s’oppose radicalement aux conclusions du rapport Gallois qui table sur une inadaptation entre les qualifications des jeunes et le monde du travail.

Si les jeunes n’arrivent pas à produire autant qu’ils le voudraient, c’est d’abord parce qu’ils sont enfermés dans une situation de précarité dont ils mettent de plus en plus de temps à se sortir. Il est urgent de se préoccuper des 200 000 stagiaires utilisés par les entreprises pour éviter une embauche, des 300 000 jeunes chômeurs privés de toute indemnité (chômage, RSA…) et des centaines de milliers de jeunes embauchés au-dessous de leur niveau de qualification. La France dispose de millions de jeunes pour relancer l’économie et gagner en compétitivité, mais ne fait rien pour tirer le meilleur de ce vivier en leur garantissant des conditions de vie décentes.

Un statut social pour tous les jeunes maintenant !

L’UNEF appelle le président de la République à faire confiance à sa jeunesse en lui permettant d’être protégée, formée afin de faire ses propres choix de vie et d’études.

A l’occasion du scrutin, l’UNEF réclame la mise en œuvre d’un statut social étudiant couvert par une allocation d’autonomie qui remplace le système de bourses actuel. Les 2,3 milliards d’euros consacrés chaque année en exonération d’impôts au titre de la demi-part fiscale pourraient déjà financer une partie conséquente de la mise en sécurité sociale de la jeunesse. Alors que l’Etat vient de faire un cadeau de 20 milliards d’euros aux entreprises sans aucune contrepartie, les étudiants refuseront de se voir répondre que l’Etat ne dispose plus d’argent pour leur garantir un avenir. En ce sens, les négociations prévues pour le mois de décembre 2012 autour de la mise en œuvre d’une allocation d’autonomie seront un véritable test pour le nouveau gouvernement.

Dans la rue le 14 novembre, dans les urnes du 19 au 30 !

L’UNEF se joindra aux salariés dans la rue mercredi 14 novembre pour réclamer d’autres mesures contre le chômage que des baisses d’impôts pour les entreprises et pour exiger une vraie politique de l’emploi en direction des jeunes.

L’UNEF appelle l’ensemble des étudiants de France à se rendre aux urnes pour envoyer un message clair au gouvernement : il n’y aura pas de changement sans réponses concrètes et ambitieuse aux difficultés sociales des étudiants. Le choc que nous attendons et qui relèvera notre pays, c’est un coup d’arrêt immédiat à l’extension de la précarité étudiante !