Tribune d’Emmanuel Zemmour dans l’Humanité : Pour une université de tous les jeunes et de toutes les formations.

Durant toute la semaine du 7 Janvier, Emmanuel Zemmour est l’invité du quotidien l’Humanité pour réagir à l’actualité de la semaine.

Pour une université de tous les jeunes et de toutes les formations,

Le premier ministre en a convenu dans son adresse à la population en ce début d’année, la sortie de crise passera par un investissement dans des secteurs clés pour l’avenir de notre pays. Pour l’UNEF, le premier d’entre eux doit être l’investissement dans la formation de tous les jeunes de France. Redressement industriel, énergies renouvelables, innovation technologiques etc.,  il n’est pas une seule de ces exigences qui ne nécessite de disposer d’une jeunesse qualifiée et capable d’inventer la société de demain. 

Alors qu’une loi cadre pour l’enseignement supérieur doit être présentée en mars au conseil des ministres, il est utile de revenir sur les conditions d’une relance de la démocratisation universitaire, après quinze années de désengagement public et de creusement des inégalités. 

Nos universités doivent d’abord ouvrir leurs portes aux jeunes exclus de toute formation et sans solution d’insertion, en proposant des cursus de haut niveau et adaptés à tous les publics, préparant à tous les métiers. Garantir à chacun un droit aux études supérieurs nécessite de plus d’entamer une révolution de la pédagogie universitaire pour mettre fin à l’absurdité des cours magistraux et au sous encadrement qui  font du capital culturel le principal moteur de la réussite académique. Il faudra enfin fermer la parenthèse de la mise en concurrence des établissements, ouverte par le précédent gouvernement, par l’instauration de véritables diplômes nationaux dont le contenu doit être le même que l’on soit étudiant de l’université d’Assas ou de celle de Perpignan. 

Ce défi n’est pas seulement celui des étudiants, pas même du seul milieu universitaire ; c’est le défi d’une société entière qui doit enfin miser sur son avenir. Une condition à sa réussite, les moyens nécessaires doivent être mis sur la table. Non pas malgré la crise, mais justement pour mieux la dépasser.