Libérez Sevil !

 

Dans les prisons turques, une jeune étudiante en journalisme de l’université Lyon II, Sevil Sevimli, attend son procès depuis le 9 mai 2012. Elle encourt entre quinze et trente-deux ans de prison pour activité terroriste. Ce que lui reproche la justice turque ? Sa participation à une manifestation le 1er mai à Eskisehir, en Anatolie, pendant son année Erasmus et la détention d’ouvrages de Karl Marx dans son sac.

Des arrestations pour délit d’opinion comme celle de Sevil, il s’en produit tous les jours en Turquie. Selon les chiffres officiels, on compterait aujourd’hui pas moins de 3000 étudiants dans les prisons turques, dont 700 incarcérés pour leurs prises de position politiques. Car c’est bien d’une répression politique dont il s’agit.

Sous prétexte de lutte contre le PKK, répertorié comme une organisation terroriste par l’Union Européenne, la Turquie d’Erdogan fait de toute revendication contestataire un acte de terrorisme. Des journalistes aux professeurs d’université en passant par les étudiants, tous vivent dans la peur d’exprimer la critique de trop, celle qui sera dénoncée aux autorités et leur vaudra un pénible calvaire judiciaire.

Concernant Sevil, un mouvement de soutien s’est déjà organisé en France. Près de 120 000 signatures à l’adresse du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, ont été récoltées pour exiger que la France s’engage pleinement pour sa libération. Mais, alors que le procès de Sevil s’ouvrira dans cinq jours, le 16 janvier 2013, l’inquiétude est toujours aussi forte pour sa famille, ses proches, ses amis.

Dans les prisons turques, une jeune française attend son procès pendant que ses camarades d’amphi passent leurs examens. Une seule chose est sûre, en cas de condamnation, les accords universitaires entre les deux pays risquerait  d’etre remis en cause aux yeux des étudiants. Car la place de Sevil est ici, à nos côtés ; et c’est aux autorités françaises de nous en assurer.