Loi sur la sécurisation professionnelle : Attention danger !

 Vendredi 11 janvier 2013, les négociations sur la sécurisation professionnelle ont abouti à un accord entre organisations syndicales et patronales. Ces accords interviennent alors que près d’un jeune actif sur quatre est au chômage, et où les chômeurs de moins de 25 ans sont privés de minima sociaux. Si l’UNEF ne remet pas en question la légitimité de ces accords, elle exprime ses vives inquiétudes quant à leurs conséquences pour l’emploi des jeunes. L’UNEF appelle les parlementaires à prendre en compte la situation des jeunes et les risques qu’ils courent aujourd’hui lors des discussions sur la loi annoncée par Michel Sapin. L’UNEF avertit le gouvernement qu’une loi à minima risquerait de faire perdre aux jeunes le bénéfice des contrats de génération… avant même qu’ils soient votés.

 

 Procédures de licenciement : une double peine pour les jeunes 

 Les accords comportent certaines avancées pour les salariés, mais les contreparties obtenues par les employeurs sont inquiétantes pour le devenir des jeunes. Les jeunes bénéficient déjà de peu d’ancienneté dans les entreprises et se trouvent les premiers concernés par des plans sociaux. Mais ce phénomène risque d’être encore aggravé dès lors que « la compétence professionnelle » des salariés devient, dans les accords, le premier critère de licenciement. L’UNEF s’interroge sur l’engagement du président de la République « d’inversion des courbes du chômage », alors que cette situation risque de créer des milliers de nouveaux chômeurs.

Pire, les jeunes de moins de 25 ans n’ont en général accès ni au RSA, ni à des indemnités chômage. La flexibilité revendiquée par le MEDEF risque ainsi de se traduire par l’augmentation du nombre de jeunes sans aucune ressource ni activité. A seulement un mois de la grande conférence contre la pauvreté, il est impensable que le gouvernement puisse proposer une loi allant dans ce sens !

 

Contrats précaires et contrats intermittents : le cauchemar continue ?

L’UNEF se félicite que les nouveaux accords prévoient des mesures de pénalisation des contrats courts ainsi que des incitations à l’embauche en CDI. Cependant l’UNEF s’inquiète de l’exclusion de cette taxation des contrats d’intérim et de remplacement qui concernent très largement les jeunes et les étudiants salariés. L’UNEF regrette de plus l’absence d’avancées sur la règlementation des stages qui concernent pourtant plus de 800 000 jeunes.

Plus grave, les accords prévoient un accès facilité à l’utilisation des contrats intermittents, jusqu’ici dépendants d’accords de branche. L’UNEF alerte le gouvernement et les parlementaires quant aux conséquences déplorables d’une utilisation plus large de ce type de contrat, ne garantissant aucun maintien dans l’activité et aucune protection pendant les périodes d’inactivité.

 

La majorité doit être cohérente avec les engagements présidentiels !

 Sans remettre en cause le dialogue social, le gouvernement et les députés doivent rester cohérents avec les engagements du président de la République. Obtenir un contrat de génération d’un côté pour perdre toute protection dans l’emploi de l’autre n’est pas un pari gagnant pour la jeunesse. L’UNEF n’acceptera pas une loi qui fait courir autant de risques aux jeunes sans réagir. La balle est maintenant dans le camp des responsables politiques.