L’UNEF remporte les élections au CNOUS : un signal fort que le gouvernement doit entendre !

 

Le dépouillement des élections au CNOUS (Centre Nationale des Œuvres Universitaires et Scolaires déterminant la représentativité des organisations étudiantes) s’est déroulé dans la soirée du jeudi 24 janvier 2013. L’UNEF remporte 4 sièges sur huit avec 43,7 % des voix. Ce résultat conforte la place de l’UNEF comme première organisation étudiante. À la veille de négociations sur la réforme des aides sociales, les étudiants ont ainsi fait le choix de soutenir majoritairement le projet d’Allocation d’Autonomie universelle de l’UNEF.

Un vote sans appel pour une modification profonde de notre système d’aides sociales

Les étudiants souffrent d’un système d’aides sociales qui ne répond plus à leurs besoins. Excluant 80% des étudiants et d’un montant insuffisant pour pallier aux dépenses courantes, les bourses ne jouent plus leur rôle initial : permettre à chacun d’avoir un droit aux études quelle que soit leur origine sociale et familiale. Aujourd’hui près d’un étudiant sur deux sacrifie ses cours pour travailler et financer ses études. Le salariat étudiant demeure la première cause d’échec à l’université.

Les étudiants ont donc majoritairement soutenu le projet d’Allocation d’Autonomie de l’UNEF, une aide universelle, d’un montant suffisant et calculé en fonction de la situation propre de l’étudiant et non plus de ses parents. Cette aspiration à l’autonomie, le gouvernement se doit de l’entendre lors des négociations qui s’ouvriront dans quelques jours.

Un vote qui alerte sur la situation financière du réseau CNOUS-CROUS

À travers leur vote, les étudiants ont également alerté le gouvernement sur la situation de pénurie budgétaire que traversent les CROUS. Sans moyens financiers suffisants, c’est tous les services de la vie étudiante qui s’en trouve impactés : difficultés dans la construction de logements étudiants, hausse des tarifs…  Alors que le financement des CROUS et des CNOUS était initialement paritaire entre Etat et étudiants, le réseau des œuvres universitaires et scolaires repose aujourd’hui pour 40% sur les subventions de l’Etat et pour 60% sur l’achat de ses prestations par les étudiants. L’UNEF exige un plan pluriannuel de financements pour les CROUS qui permettent le retour d’ici cinq ans à un financement paritaire et suffisant pour répondre aux besoins des étudiants.

Des mesures d’urgences pour faire reculer la précarité étudiante

Au temps de l’expression démocratique des étudiants, doit maintenant venir le temps des réponses gouvernementales. L’UNEF appelle le gouvernement à engager immédiatement des concertations autour de ses revendications  à savoir :

– Un plan d’investissement pluriannuel de montée en charge de l’allocation d’autonomie, sur la base d’un investissement immédiat d’un milliard d’euros (soit l’équivalent du coût de 100 000 services civiques) pour permettre un véritable accès à l’autonomie et l’intégration de nouveaux publics dans l’enseignement. L’UNEF demande ainsi que le taux de boursiers atteigne 50% dès la rentrée 2013.

– Un plan d’accès à la santé garanti par la création d’un chèque santé national ainsi qu’une exonération de la taxe sur les complémentaires santé pour les publics étudiants.

– La mise en œuvre immédiate de la garantie universelle des risques locatifs ainsi que l’exonération de la taxe d’habitation, véritable 13e mois de loyer pour les étudiants.