Vœux à la jeunesse : l’UNEF déplore des annonces peu courageuses très en deçà des attentes des jeunes.

Mercredi 23 Janvier, le Président de la République a présenté ses voeux à la jeunesse. Au-delà d’un certain nombre de dispositifs intéressants, le catalogue de bonnes idées livrées à la jeunesse n’est pas assez ambitieux pour constituer un véritable renouveau des politiques de jeunesse. Au moment où la part d’une génération dans l’enseignement supérieur a baissé en raison de la précarité et où le chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui du reste de la population active, l’urgence est de répondre aux besoins de qualification et de protection sociale de la jeunesse.

3 annonces positives.

–   Concernant l’accès au logement, la création d’une garantie universelle des risques locatifs répond au besoin des jeunes d’être accompagnés dans leur accès à un logement autonome. L’UNEF rappelle cependant que le coût des loyers reste le premier frein à la décohabitation et demande une exonération de la taxe d’habitation (13ème mois de loyer) ainsi qu’une revalorisation des aides au logement.

–   Concernant la santé des jeunes, la volonté de généraliser l’accès à une complémentaire d’ici 2017 est un objectif louable de la part du président de la République, alors qu’un jeune sur trois ne peut se soigner faute de moyen. L’UNEF revendique la mise en place d’un chèque santé national ainsi qu’une exonération de la taxe sur les complémentaires pour les étudiants, refusée en novembre dernier par le gouvernement.

–   Concernant l’encadrement des stages, le président de la République répond enfin à une revendication partagée par l’ensemble des organisations de jeunesses et des syndicats de salariés. L’UNEF réclame une pénalisation des abus de stages ainsi qu’une revalorisation de la rémunération des stagiaires. 

Le service civique ne saurait constituer une politique de jeunesse !

–   La plus grosse déception concerne l’annonce phare du Président de la République : la création de 100 000 services civiques. Pour un coût estimé à 1 milliard d’euros, François Hollande propose de multiplier le nombre de ces expériences. Si le service civique du monsieur jeunesse de Nicolas Sarkozy, Martin Hirsch, est une expérience intéressante, il ne peut en aucun cas tenir lieu de politique de jeunesse. Le service civique n’est d’ailleurs pas une mesure plébiscité par les jeunes, qui le considèrent comme la possibilité d’une rupture dans leur activité pour se consacrer à un engagement, mais en aucun cas une entrée dans la vie professionnelle. Dans la continuité de ses prédécesseurs, François Hollande fait une proposition à rebours des revendications de l’ensemble des organisations de jeunesse. Les jeunes veulent des droits, pas une incitation à l’engagement.

Des impasses très préoccupantes.

Le Président de la République a pourtant volontairement délaissé de nombreux dossiers, parmi les plus importants pour les jeunes.

–   Concernant la mise en œuvre de l’allocation d’autonomie, l’annonce de François Hollande est devenue pour le moins ambiguë. En restreignant le chantier à une simple remise à plat des aides existantes, sans aucun engagement de financement supplémentaire, le Président de la République effectue un rétropédalage inquiétant. L’UNEF n’acceptera pas de réforme des aides sociales à moyens constant car elle n’opèrerait qu’un transfert financier de certains étudiants vers d’autres étudiants. L’UNEF revendique une montée en charge pluriannuelle fondée sur un redéploiement des aides fiscales aux familles vers les aides directes ainsi que la prise en compte des jeunes en situation d’autonomie.

–   Le Président de la République a par ailleurs refusé d’accorder aux jeunes un accès au droit commun en matière de minima sociaux. La garantie jeunesse proposée il y a quelques semaines par le premier ministre ne comblera pas la discrimination dont sont victimes les moins de 25 ans. Alors que le chômage des jeunes ne diminue pas et que les accords interprofessionnels vont faciliter les procédures de licenciement, l’UNEF s’inquiète d’une extension de la précarité chez les jeunes qui subiront une double peine : pas d’emploi, pas de minimas sociaux. Le RSA n’est pas de l’assistanat, c’est un droit dont nous sommes privés !

Le Président de la République doit faire preuve de plus d’ambition et de confiance dans sa jeunesse !

En s’engageant à faire de la jeunesse la priorité de son quinquennat, François Hollande est tenu à une obligation de résultats. L’UNEF déplore la frilosité du Président de la République qui témoigne, malgré les discours, d’un manque de confiance dans sa jeunesse et d’un certain paternalisme regrettable.

L’UNEF  demande au Président de la République de se ressaisir afin d’engager des concertations autour de trois revendications:

–   Un plan d’investissement pluriannuel de montée en charge de l’allocation d’autonomie, sur la base d’un investissement immédiat d’un milliard d’euros (soit l’équivalent des 100 000 services civiques) pour permettre un véritable accès à l’autonomie et l’intégration de nouveaux publics dans l’enseignement.

–   Une extension immédiate du RSA aux moins de 25 ans pour mettre fin à une discrimination insupportable pour les jeunes.

–   Un plan de financement pour les universités, dont le bon fonctionnement n’est plus assuré, accompagnant la loi de réorganisation de l’enseignement supérieur.