Formation des enseignants : une réforme pour répondre à la crise des recrutements

Les résultats de la première session d’admissibilité pour le CAPES, qui s’est déroulé au premier semestre, sont tombés. Ils confirment que la crise des recrutements qui touche la profession est loin d’être réglée. Pour plusieurs disciplines, il y a moins d’admissibles que de places ouvertes au concours. C’est par exemple le cas en lettres classiques (108 admissibles pour 200 postes) et en éducation musicale (116 admissibles pour 130 postes). Mais la tension est toute aussi forte pour les disciplines qui représentent la majorité des recrutements, comme lettres modernes ou mathématiques. Dans ces deux disciplines, le nombre d’admissibles est tout juste supérieur au nombre de postes ouverts au concours (1155 pour 1000 postes en lettres modernes et 1329 pour 1210 postes en mathématiques). Une situation inquiétante en vu des oraux qui se dérouleront à la fin de l’année.

La crise des recrutements n’est pas nouvelle. Elle est la conséquence de la réforme de 2008, qui a fait de la formation des enseignants un véritable parcours du combattant. Depuis cette époque, l’Education nationale peine à recruter ses enseignants.

La nouvelle réforme de la formation des enseignants, mise en place par Vincent Peillon et Geneviève Fioraso, doit répondre à ce défi. Le retour de l’année de fonctionnaire stagiaire en M2 et l’organisation de la formation par les Ecoles Supérieur du Professorat et de l’Education (ESPE) est une première étape positive. Mais il reste plusieurs chantiers avant la mise en place de la réforme :

– Le contenu des masters enseignements doit être cadré nationalement. Pour assurer la complémentarité entre préparation du concours, formation théorique et mise en pratique à travers les stages. 

– La mise en place des ESPE dans chaque académie doit garantir l’égalité dans la préparation du concours et l’accès du plus grand nombre aux métiers de l’enseignement. Les ESPE doivent avoir les moyens d’assurer une formation de qualité, sur des sites réparties sur l’ensemble de l’académie.

Le Ministre de l’Education nationale se fixe l’objectif de 60 000 recrutements d’ici la fin du quinquennat. C’est indispensable pour offrir une bouffé d’air au service public de l’Education, asphyxié par les suppressions de postes depuis 5 ans. Mais cet objectif ne pourra pas être rempli sans une formation des enseignants qui répond aux besoins des étudiants.