L’UNEF réclame une loi enfin utile aux étudiants !

A quelques jours du passage du projet de loi au CNESER, l’UNEF demande à Geneviève Fioraso de prendre les mesures nécessaires pour que les diplômes soient revalorisés et enfin reconnus sur le marché du travail.

Des avancées par rapport à la situation actuelle…

Lors des assises de l’enseignement supérieur, l’UNEF s’était félicitée devant l’engagement de la ministre de l’enseignement supérieur de faire de la réussite des étudiants un axe majeur de sa réforme. Conformément aux promesses de Geneviève Fioraso, le texte prévoit ainsi :

– l’établissement d’un cadrage des diplômes (sans en préciser les modalités),

– de donner la priorité aux bacs non généraux dans l’accès aux filières d’IUT et de BTS,

– de permettre aux étudiants d’être partis prenante de la nouvelle autorité d’évaluation

– d’interdire la transformation d’université en grands établissements.

 

… Mais encore des points de désaccord.

Trois points posent pourtant encore problème aux étudiants et doivent faire l’objet de réponses rapides.

– Introduction d’un mécanisme de sélection à l’entrée de la première année d’études de santé. Si l’UNEF plébiscite une réforme du concours absurde à la fin de la première année commune des études de santé, elle n’accepte pas un avancement de la barrière sélective.

– Pas de revalorisation réelle de la démocratie étudiante. Si l’établissement d’un conseil académique n’introduit pas en soi de recul par rapport à la situation actuelle, l’UNEF déplore que le seul conseil étudiant dédié à la pédagogie (le CEVU) soit supprimé. L’UNEF revendique le maintien de ce conseil qui doit être doté de pouvoirs délibératifs.  L’UNEF demande à ce que soit revue la composition des conseils d’administration, en particulier en ce qui concerne les communautés d’université.

–  Pour mettre fin aux fusions à marche forcée, l’espace de la communauté d’université doit être un espace de coopération entre établissement sans que leurs compétences ne soient amoindries. L’UNEF demande ainsi à ce que, en dehors des ESPE et IUT, les communautés d’université ne délivrent pas de diplômes.

 

Osez une réforme qui mette fin à la dérégulation des diplômes !

Outre les points qui devront encore être débattus, notamment lors du CNESER du 18 février, l’UNEF revendique une loi qui n’en reste pas à des considérations techniques mais puisse être réellement utile aux étudiants.

–  L’UNEF demande à Geneviève Fioraso de rompre avec le mouvement de dérégulation des diplômes, c’est-à-dire de mettre en place un cadrage national des mentions de diplômes comprenant un socle commun d’enseignements disciplinaires et le nombre d’heures d’enseignement contenues dans le diplôme.

Cette rupture avec répond à une triple exigence des étudiants : la garantie que les formations ont la même valeur dans tous les établissements et seront donc reconnus de la même façon par les employeurs, la rénovation de la pédagogie par des contenus pluridisciplinaires et une meilleure répartition des moyens dévolus aux formations.

–  L’UNEF rappelle enfin la ministre à son engagement à réformer le système d’aides sociales, et demande à ce que les propositions du ministère soient connues au plus vite pour que la loi s’accompagne d’un vrai recul de la précarité étudiante au service de la réussite de tous.

Si elle entend les étudiants sur ces deux points, et que la création de nouveaux postes cette année est sanctuarisée pour mettre fin aux difficultés financières des établissements, Geneviève Fioraso saisirait l’occasion d’être la première ministre depuis plus de dix ans, à présenter une réforme qui relance de la démocratisation.