Loi d’ESR : L’UNEF obtient des engagements importants de la ministre pour remettre les étudiants au cœur de sa réforme.

Dans le cadre des concertations autour du projet loi d’enseignement supérieur et de recherche, l’UNEF a été reçue ce mercredi 20 février par la ministre Geneviève Fioraso. Cette rencontre a été l’occasion pour l’UNEF d’obtenir des engagements concernant ses principales revendications.

La ministre s’engage sur une réforme pluri annuelle des aides sociales étudiantes.

L’UNEF a fait part à la ministre de ses inquiétudes concernant la nécessaire réforme des aides sociales. En effet, alors qu’un étudiant sur deux travaille pour financer ses études, il ne saurait y avoir de réforme de la réussite sans une politique sociale d’ampleur pour résorber la précarité étudiante.

Geneviève Fioraso s’est ainsi engagée à entamer des discussions avant la fin du mois de février autour de propositions concrètes, avant un point d’étape courant mars. La première rencontre devra, pour l’UNEF, préciser le calendrier de montée en charge d’une allocation d’autonomie sur l’ensemble du quinquennat, dont la première étape serait une réorganisation des aides existantes (comprenant les bourses sur critères sociaux et les dépenses de nature fiscales).

L’UNEF salue la volonté de la ministre de donner suite à l’engagement de François Hollande d’accompagner socialement les jeunes vers leur autonomie. L’UNEF prendra toute sa place dans les négociations pour obtenir, à court terme, un doublement du nombre de boursiers et la prise en compte de critères d’autonomie dans le calcul des bourses.

 

Un cadrage national des intitulés et des contenus de diplômes.

En ce qui concerne le projet de loi présenté au CNESER ce lundi 20 février, la ministre s’est engagée à mettre en œuvre un véritable cadrage national des contenus (disciplines et nombre d’heures) et des intitulés de diplômes. En tenant cet engagement, Geneviève Fioraso répondrait à une inquiétude majeure des étudiants et de leur famille. En effet, la liberté laissée aux établissements de décider de leurs propres cursus a entraîné une dévalorisation des formations. Au-delà du foisonnement de diplômes, ce manque de réglementation pousse les établissements à concentrer leurs moyens sur certaines filières très en vue, au détriment de toutes les autres.

L’UNEF fera tout ce qui est en son pouvoir pour que cet engagement se retrouve inscrit dans la loi, confirmé par les décrets d’application et appliqué dans les universités. Cette rupture avec l’autonomie voulue par Valérie Pécresse doit permettre de garantir à chaque étudiant qu’il bénéficiera d’une formation de bonne qualité et reconnue sur le marché du travail, quel que soit  son établissement.

 

Une revalorisation de la démocratie étudiante, dont les modalités restent à définir.

 

Enfin, l’UNEF prend acte positivement de la volonté de la ministre de revaloriser la démocratie étudiante en permettant à un conseil pédagogique (actuel CEVU) dont le nom n’est pas encore arrêté mais composé à 40% d’élus étudiants de décider des modalités d’examen et de contrôler les maquettes de chaque diplôme.

 

Pour l’UNEF, les réponses données ce jour par la ministre représentent des garanties importantes à destination des étudiants. L’UNEF veillera à ce que ces engagements se concrétisent dans le projet de loi qui sera présenté par le gouvernement au Parlement. Si tous les problèmes de l’enseignement supérieur ne seront pas réglés, notamment la question du financement des universités, l’UNEF se félicite que l’Etat prenne enfin ses responsabilités en engageant un acte de régulation du fonctionnement du service public d’enseignement supérieur. Ce mouvement doit être confirmé et amplifié pour que la démocratisation de l’enseignement supérieur soit relancée et que tous les jeunes du pays puissent avoir accès à l’université et aux qualifications qu’elle délivre et qui sont les garanties d’une insertion professionnelle réussie. Ce n’est qu’en suivant ce chemin que l’ascenseur social pourra enfin être débloqué.