Comité interministériel de la jeunesse : De bonnes intentions qui doivent maintenant être enrichies et précisées.

 

A l’occasion du conseil interministériel de la jeunesse (CIJ) Le Premier ministre Jean Marc Ayrault et la ministre de la jeunesse Valérie Fourneyron ont présenté ce jeudi 21 février 2013 sa feuille de route en matière de politique de jeunesse. Il a ainsi décliné 47 mesures, dont certaines correspondent à de réelles attentes des jeunes, mais laissant des dossiers important encore en souffrance, comme l’accès des jeunes au RSA. L’UNEF prend acte des propositions ministérielles et prendra toute sa place, par son action syndicale comme au sein du Forum Français de la jeunesse, pour les enrichir et les voir concrétisées par des réformes d’ampleur.

De premières réponses aux revendications des jeunes. 

Certaines mesures déclinées par Jean Marc Ayrault lors du CIJ correspondent à des attentes fortes de la jeunesse et devront faire l’objet d’une application rapide et ambitieuse.

– Allocation d’autonomie : le premier ministre a confirmé l’ouverture de négociation autour d’une réforme des aides étudiantes pour le printemps 2013 dans l’objectif de réduire significativement la proportion d’étudiants salariés. Pour parvenir à cet objectif le premier pas de la réforme doit être d’atteindre 50% d’étudiants boursiers, en redéployant notamment les aides fiscales aux familles vers le système de bourses. L’UNEF rappelle qu’on ne pourra toutefois apporter de réponse satisfaisante pour résorber la précarité étudiante à moyen constant. Cette première étape doit donc être accompagnée d’un plan de montée en charge sur l’ensemble du quinquennat

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– Garantie universelle des risques locatifs et encadrement des loyers : le logement constitue le premier frein pour l’accès à l’autonomie des jeunes et représente en moyenne 50% de leur budget mensuel. L’UNEF salue la volonté du premier ministre de faciliter l’accès des jeunes à un logement autonome, notamment par un système de garantie universelle. L’UNEF rappelle cependant que le problème du logement chez les jeunes reste un problème de niveau trop élevé des loyers et revendique un plafonnement des loyers pour les logements de petite surface. L’UNEF demande à être reçue par Cécile Duflot pour préciser les modalités de l’action gouvernementale en matière de logement.

         – Encadrement des stages : Emplois déguisés, droits du travail méprisés, mises à l’épreuve permanente… les stages sont aujourd’hui l’une des principales formes d’embauche de jeunes diplômés. L’UNEF demande au gouvernement d’agir avec rapidité pour redonner aux stages leur vocation pédagogique et de mettre fin aux abus par une règlementation stricte. L’UNEF revendique ainsi l’interdiction effective des stages hors cursus universitaire et l’inscription du statut de stagiaire dans le code du travail pour que ses droits puissent être garantis.

Accès des jeunes au RSA : il faut maintenant ouvrir le débat ! 

Les jeunes de moins de 25 ans sont particulièrement fragiles dans un contexte de chômage de masse mais de disposent pourtant pas des mêmes droits que les autres

. Le gouvernement doit agir sans ambiguïté pour que les jeunes soient considérés comme des citoyens à part entière.

L’UNEF s’interroge sur le silence du premier ministre concernant l’accès de tous les jeunes actifs au RSA. Si Jean Marc Ayrault a fait un pas en avant vers cette mesure en fixant la rémunération des « garanties jeunes » au niveau d’un RSA en contrepartie d’un engagement de formation, ce dispositif reste pourtant trop ciblé et ne concernera que les jeunes en situation de grande précarité. 

Si cet objectif d’accompagner les jeunes les plus éloignés de l’emploi est louable, l’UNEF rappelle que pour le reste de la population les minima sociaux ne sont pas conditionnés au niveau de difficultés rencontrées par leurs potentiels bénéficiaires. Pour cette raison l’UNEF revendique un accès sans condition aux minima sociaux en mettant fin aux barrières d’âge.  De plus, l’UNEF demande la mise en place d’une aide à la recherche du premier emploi couvrant l’année suivant l’obtention du diplôme.

L’UNEF veillera scrupuleusement à ce que ces engagements ne restent pas lettre morte. 

L’UNEF salue l’engagement du premier ministre d’effectuer des points d’étape annuels en matière de politique de jeunesse. L’UNEF s’investira pleinement dans les groupes de travail et concertations pour concrétiser ces mesures dans l’intérêt de tous les jeunes, que cela soit par son action syndicale ou au sein du Forum Français de la Jeunesse.

L’UNEF consacrera ainsi un temps de son Congrès national, du 18 au 21 avril à Toulouse, à la tenue d’assises de la jeunesse pour coordonner et faire converger les efforts de toutes les organisations de jeunesse de France.