Allocation d’autonomie : La double hypocrisie de Monsieur Cahuzac.

 

Interrogé ce mardi 26 février sur les intentions du gouvernement en matière de réforme des aides sociales, le ministre du budget Jérôme Cahuzac a déclaré que celui-ci « n’avaient jamais eu l’intention de supprimer » la demi-part fiscale, après avoir lui-même évoqué cette possibilité la veille dans une interview. L’UNEF s’était pourtant félicitée mercredi dernier de l’ouverture par Geneviève Fioraso de négociations  pour une réforme des aides aux étudiants, par une refonte des aides fiscales et du système de bourses actuel.

 

 Cahuzac, pas d’arnaques !

Pour expliquer son volte-face, le ministre du budget a déclaré vouloir « préserver les capacités contributives des familles » pour les études de leurs enfants. Cette déclaration relève d’une double hypocrisie.

D’abord, le ministre s’est mis directement en porte à faux avec l’engagement présidentiel le plus emblématique pour la jeunesse, celui de permettre à tous les jeunes « de gagner leur autonomie[1] ». L’UNEF n’accepte pas qu’un ministre du gouvernement « de la jeunesse », s’oppose à l’autonomie des jeunes et les renvoie à la solidarité familiale créatrice d’inégalités pour financer leurs études.

Pire encore, le ministre ne fera pas croire qu’il se fait le défenseur du pouvoir d’achat des familles dès lors qu’il a déjà procédé en octobre dernier à un plafonnement de la demi-part fiscale rapportant près de 200 millions d’économies à l’Etat. Il a ainsi non seulement privé les familles de leurs aides mais sans améliorer l’accompagnement social de leurs enfants !

 

Les étudiants ne se laisseront pas enfermer dans une polémique stérile.

Le système d’aides sociales actuel est totalement insuffisant pour aider les étudiants. Privant 80% d’entre eux d’une aide directe, laissant les 320 000 étudiants en situation d’indépendance livrés à eux même pour financer leurs études, il pousse les jeunes à prendre un emploi salarié au détriment de leur réussite.

Il ne s’agit donc pas de choisir qui sanctionner par une réforme à moyens constants mais au contraire d’engager une refonte des aides existantes pour que plus aucun jeune n’ait à renoncer à des études pour des raisons financières. Au lieu d’opposer les étudiants à leur famille, le ministre serait mieux inspiré de proposer des pistes de financement pour une montée en charge de l’allocation d’autonomie, comprenant le redéploiement des aides fiscales et un réinvestissement dans un  budget des aides étudiantes l’un des moins important des pays de l’OCDE.

 

L’UNEF demande la poursuite des négociations sur des bases claires.

Alors qu’un étudiant sur deux est salarié, le gouvernement doit être cohérent et agir pour permettre à toute une génération d’accéder à son autonomie et de trouver toute sa place dans la société. L’UNEF ne renoncera pas à s’investir dans les négociations ouverte par la ministre de l’enseignement supérieur pour une réforme favorable aux étudiants comme à leur famille qui n’auraient plus à supporter le coût d’études supérieures en pleine crise.

 

L’UNEF revendique :

–       Un investissement immédiat des 200 millions d’euros économisés par le plafonnement de la demi-part au mois d’octobre, dans le système des bourses.

–       Un redéploiement des aides aux familles vers les aides directes aux étudiants dans l’objectif de 50% de boursiers l’année prochaine.

–       Un plan d’investissement pluri annuel sur l’ensemble du quinquennat à hauteur de 3 milliards d’euros pour une montée en charge de l’allocation d’autonomie et mettre fin au scandale des 320 000 étudiants indépendants privés de tout soutien.

Les étudiants sauront prendre toute leur place dans les négociations pour une réforme conforme à leurs besoins et, en cas de renoncement, n’hésiteraient pas à réagir.

 

 



[1] Vœux à la jeunesse de François Hollande, discours du 23 janvier 2013 à Grenoble.