Stages : L’UNEF réclame une pénalisation des abus de stage.

Dans une interview parue dans Libération le jeudi 7 mars 2013, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, a fait part de sa volonté d’intervenir pour mieux encadrer les stages. L’UNEF se félicite de l’ouverture d’un chantier prioritaire pour l’ensemble des étudiants et jeunes en insertion. Depuis 2006, sous l’effet de l’augmentation du chômage et d’un manque de règlementation, le nombre de stagiaires a explosé, passant de 600 000 à 1,6 million aujourd’hui. Les derniers dispositifs règlementaires, notamment pris en 2009 par Valérie Pécresse, souffrent de tellement de dérogations qu’ils sont devenus inopérants. L’UNEF dénonce depuis plusieurs années l’utilisation du stage, par des employeurs publics et privés, comme mode d’embauche.

Le stage, un calvaire pour les jeunes en insertion.

 Avec près de 25% de chômage chez les moins de 25 ans et en l’absence de minima sociaux, les jeunes en insertion professionnelle se voient obligés d’accepter n’importe quelle activité pour faire leurs preuves sur le marché du travail. L’embauche de jeunes diplômés sous forme de stages, alors que leur formation est achevée, s’est ainsi imposée comme une étape obligatoire de la période d’insertion.

Une main d’œuvre de milliers de jeunes précaires se trouve ainsi sous-payée et sans aucune protection puisque le statut de stagiaire n’est quasiment pas règlementé. Cette situation prouve une chose : les entreprises n’ont aucun problème pour faire travailler les jeunes, tant qu’elles ne sont pas obligées de leurs reconnaitre des droits !

Redonner aux stages leur dimension pédagogique.

 Les stages ne sont aujourd’hui que trop peu intégrés dans la formation académique des étudiants. Ce manque pousse bon nombre d’entre eux à chercher par eux même une expérience est à se livrer ainsi à tous les abus. Alors que la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur vise à imposer un cadrage national des diplômes, le contenu et les objectifs des stages doivent être redéfinis.

L’UNEF défend des stages adossés à un projet pédagogique, afin d’assurer une cohérence entre l’activité dans l’entreprise et la formation initiale de l’étudiant. Ils doivent faire l’objet d’une Unités d’Enseignement cadrées nationalement discipline par discipline. Chaque étudiant en stage doit être suivit, au sein de l’entreprise mais aussi de l’université, par un tuteur individualisé.

Interdire par la loi les « abus de stage ».

Grandes entreprises ou collectivités, un nombre croissant d’employeurs profite du flou juridique entourant le statut de stagiaire pour faire travailler des jeunes sans les rémunérer à la hauteur de leurs qualifications et sans leur donner droit à une protection sociale. L’UNEF salue la proposition de la ministre de supprimer les dérogations et de limiter les stages à 6 mois par année d’étude.

Pour faire du stage un véritable outil au service de la formation, l’UNEF revendique :

 • L’inscription du statut de stagiaire dans le code du travail pour pénaliser les abus de stages et donner les moyens nécessaires à l’inspection du travail pour faire respecter la règlementation.

 • Une rémunération du stagiaire à 50% du SMIC et ce dès le premier jour du stage.

 •  Le respect de la règlementation  pour l’ensemble des secteurs, y compris le secteur médico-social.

  Une intégration de stages cadrés pédagogiquement dans l’ensemble des diplômes de premiers cycles. La mise en place du cadrage national des diplômes prévue par le projet de loi sur l’enseignement supérieur doit être une occasion de garantir un accès aux stages à chaque jeune.

 • La mise en place d’un véritable service public du stage, s’appuyant sur les BAIP (bureau d’aide à l’insertion professionnelle) et rassemblant l’ensemble des offres de stages.