Le Conseil d’administration du CNOUS refuse de faire l’économie de constructions de logements

Avec 10 voix pour, 12 voix contre et 4 abstentions, le Conseil d’Administration du CNOUS (Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires) s’est déclaré opposé au surgel exigé par le gouvernement concernant les crédits d’investissement des CROUS et à la répartition du budget qui le mettait en œuvre. Juste avant, le CA du CNOUS avait déjà émis un avis défavorable au surgel par 16 voix contre et 0 pour. 

Le surgel demandé par le gouvernement représentait 20 millions d’euros (soit 20% des crédits d’investissements du CNOUS) essentiellement destinés à la construction et à la rénovation de logements universitaires. Alors que seuls 7% des étudiants peuvent bénéficier d’un logement social et que le coût du loyer représente en moyenne 50% du budget d’un étudiant, il est impensable de priver le CNOUS de ces crédits. En particulier si la ministre de l’enseignement supérieur veut tenir son objectif de construction de 40 000 logements du CROUS dans le quinquennat.

Le gouvernement fait un grand pas en arrière sur ses engagements budgétaires

En décembre dernier, le ministère de l’enseignement supérieur se félicitait de voir le budget alloué à la vie étudiante augmenter alors que la maîtrise des dépenses publiques était de mise. Vingt millions d’euros supplémentaires avaient notamment été fléchés vers les crédits d’investissements du CNOUS en vue de répondre à une promesse de François Hollande : augmenter de 40 000 logements les constructions CROUS d’ici cinq ans. Quatre mois plus tard, le ministère demande au CNOUS de geler cette somme. Pour les étudiants il s’agit d’un retour en arrière incompréhensible à l’heure où des réponses d’urgence pour la rentrée se font toujours attendre. L’UNEF rappelle que l’objectif de 50% d’une génération en licence, nécessite des investissements humains et sociaux, pas des économies !

Les étudiants n’accepteront pas de vivre moins bien à la rentrée 2013 qu’à la rentrée 2012

L’UNEF et les étudiants ont déjà averti le gouvernement à Toulouse, lors du 83ème congrès de l’UNEF.

Si rien n’est fait pour améliorer nos conditions de vie, les étudiants n’hésiteront pas à aller à l’affrontement avec le gouvernement. Le gouvernement doit revenir sur les gels de crédits et investir dans le service public de la vie étudiante. Si un poste de dépense doit être gelé cette année, ce sont les tarifs universitaires, pas les investissements !

La réforme des aides sociales, qui tarde à se mettre en place, doit accompagner cet investissement pour obtenir un réel changement des conditions de vie dès la rentrée.

L’UNEF demande au gouvernement d’entendre le message de la communauté universitaire et de décider immédiatement de mesures d’urgence pour la rentrée, à commencer par le réinvestissement des 200 millions d’euros, économisés en octobre 2012 sur les aides fiscales aux familles, dans le budget des bourses.