Rallonge budgétaire pour l’université de La Réunion : une victoire des étudiants !

Après six mois de mobilisation étudiante sur l’île de La Réunion, le président de l’université vient d’annoncer ce vendredi 26 avril 2013 qu’une rallonge budgétaire serait accordée par le ministère de l’enseignement supérieur, pour permettre à l’établissement de faire face à sa situation budgétaire. L’UNEF, à l’initiative de la mobilisation, prend acte avec satisfaction de la réponse positive du ministère de l’enseignement supérieur. L’UNEF rappelle que la loi d’enseignement supérieur qui sera discutée à l’assemblée nationale dans quelques jours, ne permettra pas de relancer la réussite dans un contexte de pénurie budgétaire. L’UNEF demande au premier ministre d’engager un plan de réinvestissement dans le service public d’enseignement supérieur, pour que l’urgence financière ne bloque plus l’activité de nos établissements pendant plusieurs mois, comme cela a été le cas à Angers ou à La Réunion.. 

6 mois de mobilisation locale et nationale.

La négociation entre le président de l’université et le ministère de l’enseignement supérieur avait débuté en novembre 2012 dernier. Comme beaucoup d’établissements, celui de La Réunion était alors dans l’impossibilité de boucler son budget, notamment suite aux surcoûts entraînés par la prise en charge de la masse salariale. L’UNEF avait alors immédiatement dénoncé les conséquences pour la réussite des étudiants non seulement de l’autonomie des universités, mais aussi de la politique  de rigueur budgétaire qui préférait asphyxier des établissements entiers plutôt que d’engager les investissements nécessaires. Après plusieurs mois de mobilisation sur l’île qui compte 50% de boursiers, l’UNEF a alors directement interpellé la ministre Geneviève Fioraso lors de son congrès national pour lui rappeler que l’université de La Réunion manquait de 6 millions d’euros.

Une rallonge budgétaire de 2,7 millions d’euros immédiatement et des créations de poste.

A l’issue des négociations, le ministère de l’enseignement supérieur a annoncé à l’université les mesures suivantes. Pour 2013 :

• la prise en charge des surcoûts liés à l’insularité à hauteur de 2 millions d’euros, pour la titularisation de 34 ANT.
• La prise en charge de 10 créations d’emploi pour un montant de 500 000 euros.
• Un complément de crédits de fonctionnement de 200 000 euros.

Le ministère s’est de plus engagé à faire bénéficier l’université de 22 créations d’emploi en 2014 ainsi qu’en 2015, sur les 1 000 postes annoncés au début de cette année.

En finir avec la politique du pompier pyromane !

L’UNEF se félicite que les étudiants et les personnels de l’université de La Réunion aient été entendus. Pour autant, la situation budgétaire des universités reste extrêmement préoccupante. Près de la moitié annonce déjà des difficultés à clore leur prochain exercice budgétaire. L’UNEF demande au premier ministre de prendre les devants pour ne pas avoir à sauver in extremis des établissements au bord du dépôt de bilan !

Alors que les quelques crédits IDEX ne sont distribués que sur des critères de performance et de compétitivité, l’UNEF exige une révision des règles de financement pour que les établissements de service public reçoivent l’argent dont ils ont besoin pour faire réussir leurs étudiants. L’UNEF revendique un plan de réinvestissement dans le service public d’enseignement supérieur dans le cadre des investissements d’avenir pour mettre fin à l’écart insupportable de traitement entre les étudiants de classe préparatoire et d’université

Enfin, parce qu’il n’y aura pas de relance de la réussite des étudiants sans nouveaux moyens pour les universités, l’UNEF se joint à la proposition faite par la Conférence des présidents d’université et demande au gouvernement de sortir les investissements d’éducation du calcul des déficits public. Cet argent n’est pas en trop, il manque aux millions de jeunes de France qui ne peuvent se former dans des bonnes conditions. L’austérité est incompatible avec une politique éducative ambitieuse au service de l’ascension sociale. Les étudiants vivent aujourd’hui la politique de réduction des dépenses comme un impôt anticipé sur leur avenir, qu’ils devront payer toute leur vie. Ils ne l’accepteront pas.