Allocution présidentielle : Non tout n’a pas été mis en œuvre pour les jeunes en France !

A l’occasion de sa deuxième conférence de presse depuis son élection, le Président de la République a présenté les grandes orientations pour ce qu’il nomme l’an deux de son quinquennat. Alors que cette allocution devait ouvrir un nouveau temps du quinquennat et donc une nouvelle phase de réformes, l’UNEF déplore l’absence d’expression de François Hollande en ce qui concerne de nouvelles mesures pour les jeunes au niveau national. Pire, en réponse à un journaliste du Mouv’, c’est l’allongement de la durée de cotisation qui a été présentée comme la réforme pensée pour les jeunes. Promettre des pensions plus tard et plus faibles, ne saurait constituer un horizon acceptable pour les jeunes.

Une première année encore très insuffisante en matière de politique de jeunesse.

Au cours d’un discours de plus d’une heure, François Hollande a développé ses priorités pour la deuxième partie de son quinquennat. En renvoyant la question des jeunes à une négociation européenne, François Hollande sous-entend que la priorité jeunesse en France est maintenant derrière nous.

Certaines mesures intéressantes, notamment pour les publics en grande difficulté, on en effet été prise comme les emplois d’avenir ou les contrats de génération. Cependant ces dispositifs, qui ne concernent que quelques milliers de jeunes ne peuvent en aucun cas tenir de politique générale pour la jeunesse. La France continue de compter un jeune sur deux vivants sous le seuil de pauvreté et reste l’un des pays les plus sévères avec sa jeunesse en privant les moins de 25 ans d’un accès aux minima sociaux.

Les jeunes attendent des mesures concrètes pour leur autonomie !

« Votre génération vivra mieux que celle de vos parents ». Cette promesse du candidat François Hollande n’a pas été étrangère au choix d’une majorité des jeunes de voter pour une alternance politique. Pourtant, aucune mesure sociale d’ampleur permettant à une génération de respirer et de se consacrer à son avenir n’a vu le jour depuis son arrivée au pouvoir. Sans nouvelles mesures, « l’an 2 » du mandat présidentiel ne sera pas plus réussi pour les jeunes que cette première année d’exercice.

L’UNEF revendique un plan d’action sociale pour l’autonomie et la formation autour de cinq chantiers :

–        L’accès des moins de 25 ans au RSA pour mettre fin à une discrimination à l’âge qui enferme une génération dans une situation de dépendance et de précarité.

–        La création d’une allocation d’autonomie en contrepartie d’un parcours de formation comme le Président s’y était engagé lors de sa campagne.

–        Un réinvestissement dans l’enseignement supérieur et de nouvelles créations de postes pour atteindre l’objectif présidentiel de 50% d’une génération au niveau licence.

–        Une règlementation des stages pour mettre fin aux emplois déguisés dont souffrent plus de 100 000 jeunes.

–        La prise en compte des années de formation dans le calcul des annuités ouvrant un droit aux retraites.

Les étudiants ne sont plus disposés à attendre !

Lors de son 83ème congrès national à Toulouse, l’UNEF appelait le Président de la République à respecter sa promesse d’une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation et à engager une réforme dès la rentrée 2013. Alors que plus d’un étudiant sur deux est salarié, que 200 000 étudiants sont endettés, l’UNEF rappelle que les mesures inscrites dans la loi d’enseignement supérieure pour améliorer la réussite seront sans effet si elles ne s’accompagnent pas d’un plan de lutte contre la précarité.

L’UNEF revendique un investissement de 200 millions d’euros dans le système de bourse dès le mois de septembre 2013 pour permettre une augmentation des bourses et l’ouverture du système aux étudiants indépendants de leur famille. L’UNEF considère que si les étudiants n’ont toujours pas connu d’amélioration de leurs conditions de vie en septembre 2013, le gouvernement devra assumer seul la responsabilité d’une rentrée sociale tendu.