Vote de la loi d’enseignement supérieur : Tout reste encore à faire !

 

Après plusieurs jours de débats, l’Assemblée Nationale a adopté ce mardi 28 mai 2013 le projet de loi d’enseignement supérieur. L’UNEF salue les avancées obtenues lors des discussions, notamment concernant la règlementation des stages, mais rappelle que la loi est loin de mettre un point final à la nécessaire réforme des universités.

En effet, en l’état et sans mesures supplémentaires, la loi restera inopérante et ne permettra pas d’endiguer l’échec universitaire.L’UNEF revendique la mise en place immédiate de deux chantiers indispensables pour que les engagements de la ministre Geneviève Fioraso soient honorés : la mise en œuvre de la nouvelle licence et la réforme du financement des universités.

Sans moyens supplémentaires, la loi ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.

Afin que la nouvelle loi remplisse ses objectifs en faveur de la réussite des étudiants, elle doit s’accompagner d’urgence de moyens budgétaires suffisants pour rattraper la crise qui touche les universités. En effet, avec plus du 50% des établissements en déficit et plus de 1000 postes gelés, les conditions d’études se dégradent unilatéralement. Déjà, dans certaines universités, les volumes horaires et les capacités d’accueil commencent à être revues à la baisse. Si ce mouvement se confirmait, nous assisterions à un recul sans précédent de la démocratisation de l’enseignement, en totale contradiction avec les engagements gouvernementaux.

En ce sens, l’UNEF a soutenu l’amendement de Vincent Feltesse qui introduit une « programmation budgétaire pluriannuelle » dans la stratégie nationale de l’enseignement supérieur et revendique :

-Un plan de rattrapage pluriannuel pour financer en priorité les universités les moins bien dotées et rattraper l’écart de financement avec les CPGE.

-Le déblocage de crédits pour assurer la pérennité du recrutement de 1000 enseignants par an dans les universités.  

-Un fléchage des moyens vers les premiers cycles pour financer le respect du futur cadre national des diplômes et la réforme de la licence.

Réussite des étudiants : tout reste encore à faire !

Le projet de loi répond à une des revendications de l’UNEF, en mettant en place un cadre national des diplômes. Ce cadre national doit permettre de mettre fin à 10 ans de dérégulation du service public qui ont creusé les inégalités entre étudiants. Il n’est pas acceptable que les étudiants ne bénéficient pas de la même qualité de formation et d’insertion professionnelle, sous prétexte d’autonomie et de liberté des établissements.

Si le principe d’une règlementation nationale est inscrit dans la loi, ce sont les textes d’application de la loi qui en détermineront le contenu. L’UNEF revendique l’ouverture immédiate de négociations pour un cadre national des diplômes qui comporte :

  • Une harmonisation du contenu disciplinaire des premiers cycles à hauteur de 80% d’enseignements communs en première année, 60% en deuxième année et 50% en troisième année.  
  • Une règlementation des méthodes pédagogiques pour assurer une diversification des modes de transmission des savoirs et rompre avec la prédominance des cours magistraux.
  • Une règlementation des moyens dévolus par l’Etat à chaque formation pour garantir un taux d’encadrement adéquat aux objectifs pédagogiques des formations.