Vote de la loi ESR à l’assemblée : Ce que les étudiants attendent encore du texte.

 

Mardi 28 mai, le projet de loi sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) a été voté en séance plénière à l’Assemblée Nationale. Il arrivera au Sénat le 12 juin en commission et le 18 en séance plénière. L’UNEF appelle les sénateurs à renforcer la priorité donnée à la réussite des étudiants et à s’opposer aux amendements contraires à l’objectif de démocratisation. 

Fin de la gratuité dans les lycées : les députés se trompent de solution !

A l’occasion des débats, un amendement mettant fin à la gratuité des classes préparatoires et fixant des droits d’inscription identiques à ceux des universités a été adopté.

Ce sont en effet les étudiants les plus favorisés socialement qui sont sélectionnés dans les classes préparatoires et qui bénéficient du financement de l’Etat le plus important (15 000 euros par an et par étudiants). De l’autre coté, les universités doivent se contenter d’un financement beaucoup plus faible (4000 euros par an et par étudiants) alors qu’elles accueillent la plus part des étudiants des catégories populaires.

Cependant, fixer des droits d’inscription aux étudiants en classes préparatoire ne fera pas reculer cette inégalité ! Au contraire, cela ajoutera un coût financier dans l’accès aux classes préparatoires. Les étudiants attendent des parlementaires qu’ils agissent pour plus d’égalité, pas pour des frais supplémentaires.

A l’inverse de cette fausse solution, l’UNEF appelle les sénateurs à prendre des mesures ambitieuses pour le rapprochement entre universités et classes préparatoires, seule solution pour en finir avec un système qui reproduit les inégalités. Il est nécessaire de préciser dans la loi le contenu des conventions, déjà rendues obligatoires par le projet de loi, qui seront signées entre les classes préparatoires et les universités :

 

  • L’inscription automatique de tous les étudiants en classes préparatoires dans une licence à l’université, pour assurer une reconnaissance de leur formation et l’accès à l’ensemble des services universitaires (sport, médecine préventive, informatique, bibliothèque…)
  • La mise en place de passerelles, pour permettre la réorientation des étudiants des classes préparatoires vers les universités et inversement
  • La création d’enseignements communs entre classes préparatoires et licence, pour avancer vers la fusion complète de ces deux parcours au sein des universités

La réglementation des stages doit être  encore renforcée

Les députés ont adopté, en première lecture à l’Assemblée Nationale, des amendements visant à renforcer la réglementation des stages. L’UNEF, qui avait interpellé la représentation nationale sur les manques du texte initial sur les stages, a soutenu ces amendements. Déposé par le gouvernement et le député SRC Jean-Jacques Voldy, ces amendements permettent notamment de mettre fin aux stages hors-cursus et de généraliser leur gratification. 

L’UNEF appelle les sénateurs à maintenir ces avancés dans le projet de loi. La généralisation de la gratification des stages au secteur associatif et aux fonctions publiques hospitalière et territoriale pose la question de leur financement. Le gouvernement doit y apporter une réponse ambitieuse, en dégageant des moyens supplémentaires pour le financement des stages. En aucun cas les 1,6 millions de stagiaires doivent être une variable d’ajustement qui permet de compenser les difficultés financières des fonctions publiques et des associations. 

L’UNEF appelle également les sénateurs à voter de nouvelles avancées dans la réglementation des stages : 

 

  • un meilleur contrôle contre les abus de stages, notamment en limitant leur durée à 6 mois
  • une augmentation du montant de la gratification, en fonction du niveau d’étude du stagiaire