Quotient familial : Le gouvernement s’en prend au pouvoir d’achat des étudiants !

 

Le premier ministre Jean Marc Ayrault a annoncé ce lundi 3 juin que le quotient familial serait désormais plafonné à hauteur de 1500 euros contre 2000 euros actuellement, pour une économie de 900 millions d’euros. Après un premier plafonnement en octobre 2012 (de 2336 euros à 2000 euros), cette nouvelle mesure porte à une perte de près de 1,5 milliards d’euros la baisse du budget des aides familiales en moins d’un an. L’UNEF dénonce une mesure de strictes économies budgétaires qui va entraîner la diminution du budget des aides étudiantes de plus de 500 millions d’euros au total.

Une attaque contre le pouvoir d’achat des étudiants.

Le quotient familial permet aux foyers de bénéficier de réductions d’impôts lorsqu’ils ont des enfants scolarisés, notamment dans l’enseignement supérieur. On estime ainsi actuellement à 1,7 milliards d’euros le budget consacré aux familles d’étudiants.

L’UNEF défend depuis longtemps le redéploiement de ces aides fiscales, dans le système de bourses pour qu’elles bénéficient directement aux étudiants. Cependant, une politique de simples économies budgétaires n’aura pour seule conséquence que de réduire le soutien financier apporté aux étudiants. En additionnant le plafonnement d’octobre 2012 et celui annoncé ce lundi, c’est une perte de plus de 500 millions d’euros auxquels les étudiants vont devoir faire face. 

Un grave coup porté à la démocratisation des études et à la réussite.

Le président de la République s’était engagé à faire de l’autonomie des jeunes la priorité de son quinquennat, en annonçant notamment la création d’une allocation d’étude. Pour l’heure, la politique sociale du gouvernement pour les jeunes se résume à attendre pour l’allocation d’autonomie tout en s’attaquant au budget des familles. Les étudiants souffrent trop de la crise pour que notre pays se permette une telle politique d’économies. 

Alors qu’un jeune sur deux vit sous le seuil de pauvreté et que la France possède l’un des systèmes d’aides étudiantes les plus faibles d’Europe, cette décision aura des conséquences certaines  sur l’accès aux études du supérieur et la réussite étudiante. L’UNEF rappelle que depuis cinq ans, le nombre de jeunes de milieux modestes accédant à un diplôme a reculé. Cette réalité avait d’ailleurs dissuadé l’ancien gouvernement de revoir à la baisse le budget des aides étudiants et avait permis un réinvestissement de plus de 200 millions d’euros au cours du précédent quinquennat.

L’UNEF exige un réinvestissement immédiat dans le système de bourses.

L’UNEF exige que l’argent économisé sur les aides familiales soit intégralement redéployé dans le budget des bourses afin de lancer la réforme pour une allocation d’études. Cette réforme doit commencer par une augmentation du taux de boursiers de 20% à 50% dès septembre 2013 ainsi que par la création d’aides à l’autonomie pour les 320 000 jeunes autonomes financièrement de leurs parents. 

Les étudiants n’accepteront pas de vivre une rentrée avec un budget d’aide amputé d’un demi-milliard d’euros. Le cas échéant, le gouvernement devra s’attendre à une rentrée sociale très difficile avec les étudiants.