Retraites : l’UNEF rejette les préconisations du rapport Moreau

Vendredi 14 juin, Yannick Moreau a remis au premier ministre un rapport concernant les évolutions du système de retraites. L’UNEF s’inquiète de préconisations qui font de la dégradation du système solidaire la principale voie pour une réforme des retraites. Baisser les dépenses de retraites, que cela soit par une allonger de la durée de cotisation ou par un alignement du public sur le privé, ne saurait constituer une mesure de justice sociale. De plus, l’UNEF rappelle que les jeunes sont directement concernés par la réforme et rappelle qu’ils doivent eux aussi être pris en compte dans la construction d’un système de protection sociale plus juste. 

 Allonger la durée de cotisation : un non-sens alors que le chômage des jeunes est au plus haut.

 Les jeunes cumulent toutes les difficultés sur le marché de l’emploi : premiers à s’entasser dans les files d’attentes, ils ne parviennent à décrocher un emploi stable qu’à 27 ans en moyenne. Dans un tel contexte, l’allongement de la durée de cotisation signifierait moins d’emploi pour les jeunes et plus de précarité pour les nombreux salariés ne parvenant pas au terme de leurs annuités. L’UNEF avertit le gouvernement : c’est de solidarité et de protection dont les jeunes ont besoin. Proposer une nouvelle réduction de la voilure de notre protection sociale irait à l’exact opposé de leurs attentes. 

 

Faire confiance aux jeunes pour sortir de la crise

 L’UNEF interpelle le gouvernement. Les jeunes n’ont cessé de voir durant ces dernières années les systèmes de protection sociale, principaux amortisseurs de la crise, reculer au gré des réformes. Redonner confiance au pays, c’est aussi garantir aux jeunes qu’ils pourront bénéficier d’un système solidaire de haut niveau.

 L’UNEF revendique ainsi une réforme permettant la prise en compte des années de formation dans le calcul des droits à la retraite, par un système de cotisation symbolique. On ne peut exiger de la jeunesse qu’elle soit qualifiée et préparée à participer au redressement du pays, en faisant de ce temps de formation un poids pour l’avenir. 

 

L’UNEF revendique la validation des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé. Notre génération n’a pas à payer toute sa vie l’état de l’économie lors de son entrée sur le marché de l’emploi.

 L’UNEF demande à ce que la réforme ne se fasse pas sans les jeunes, et exige que les organisations de jeunesses soient enfin associées à la conférence sociale prévue pour la fin du mois de juin.