Emmanuel ZEMMOUR, président de l’UNEF présent à Istanbul, dénonce la répression autoritaire et liberticide d’une contestation pacifique.

 Depuis maintenant trois semaines, un mouvement de contestation visant directement le premier ministre Tayep Erdogan touche les grandes villes du pays. Mardi 11 juin 2013, 75 avocats étaient arrêtés et incarcérés pour le seul fait de défendre des contestataires devant la justice. 

A Istanbul, une offensive policière particulièrement brutale a dispersé les occupants du parc Gezi dans la soirée du samedi 15 juin. Des milliers de stambouliotes sont alors descendus dans la rue pour protester contre les méthodes des autorités. Des affrontements ont eu lieu durant toute la nuit. La délégation de l’UNEF, composée d’Emmanuel Zemmour (président de l’UNEF) et Julie Mandelbaum (secrétaire générale de l’UNEF), témoigne du climat de terreur envers les manifestants entretenu par la police. 

 

Un mouvement pour la liberté d’expression qui dépasse la simple défense du parc

 Au départ initié par quelques centaines de militants écologistes contre la destruction du parc Gezi, au cœur d’Istanbul, le mouvement a pris de l’ampleur suite à la première nuit de répression ordonnée par le premier ministre Erdogan. Des milliers de jeunes, d’étudiants bientôt rejoints par des citoyens de toutes les générations expriment leur ras le bol d’une politique contraire aux libertés fondamentales et d’un climat de plus en plus autoritaire en Turquie.

 Les récentes interdictions concernant l’accès à l’IVG, le droit de manifestation ou encore la règlementation sur l’alcool ainsi que l’attitude implacable du premier ministre sont présentés par les manifestants comme les provocations de trop. Le premier ministre Erdogan affirme ainsi vouloir constituer une « jeunesse pieuse et disciplinée » et n’hésite pas à utiliser une presse aux ordres pour discréditer les contestataires. 

 

Une répression policière qui n’a pour objectif que de terroriser les manifestants.

 Alors que les mots d’ordre du mouvement se sont concentrés sur la liberté de manifester, l’accès à une presse libre ou encore la justice pour les quatre victimes tuées lors des affrontements, le gouvernement se montre implacable. Les méthodes de la police, usant de gaz lacrymogènes et chargeant les canons à eau de produits chimiques, sont particulièrement brutales pendant que les manifestants, de tous âges et sans appartenance partisane, continuent de se montrer pacifiques. Dans la nuit d’hier, les policiers sont allés jusqu’à enfumer les halls d’hôtel ou de restaurant dans lesquels se cachaient les manifestants pour les traquer. Des masques à oxygène ont été arrachés alors que l’air était irrespirable.

L’UNEF dénonce ces méthodes contraires aux droits les plus fondamentaux de se réunir, de manifester et de contester la politique d’un gouvernement démocratiquement élu. L’attitude des autorités n’a qu’un seul objectif, faire passer aux jeunes l’envie de se mêler de la vie politique et d’exprimer leur avis, dès lors qu’il ne convient pas au premier ministre.

 

L’UNEF soutient les étudiants engagés dans cette lutte et exige la libération des milliers de prisonniers politiques enfermés.

 L’UNEF appelle les étudiants à se joindre aux rassemblements organisés en soutien au peuple turc partout en France.

 La délégation de l’UNEF restera encore quelques jours à Istanbul. Pour suivre leurs témoignages : http://paristogezi.tumblr.com