Retraites : l’UNEF rejette les préconisations du rapport Moreau

Alors que la seconde conférence sociale, qui s’ouvrira les 20 et 21 juin prochain dans un contexte social difficile, abordera la question de la future réforme des retraites, Yannick Moreau a remis au premier ministre un rapport concernant les évolutions du système de retraites.

Les préconisations de ce rapport, qui s’orientent principalement vers une dégradation du système de solidarité, sont inquiétantes. Alors que les jeunes, directement concernés par la réforme, ne sont toujours pas pris en compte, les perspectives proposées pour baisser les dépenses de retraites, que cela soit par un allongement de la durée de cotisation ou par un alignement du public sur le privé, ne sauraient constituer une mesure de justice sociale.

Les retraites ne sont pas une simple question comptable. C’est un véritable choix de société qui doit engager tous les citoyens. Depuis près de 20 ans, les reculs d’un droit à la retraite solidaire ont souvent été portés au nom des jeunes. Nous n’accepterons pas de nouveaux reculs, mais au contraire, nous voulons participer à l’élaboration de la société que l’on nous construit pour demain. La réforme à venir ne doit pas se faire sans les jeunes. Les organisations de jeunesses doivent être associées à la conférence sociale, prévue pour la fin du mois de juin.

Allonger la durée de cotisation : un non-sens alors que le chômage des jeunes est au plus haut

L’une des solutions mise en avant dans le rapport Moreau est d’allonger la durée de cotisation, qui passerait de 41,5 annuités à 43 voir 44 annuités. Alors même que les jeunes cumulent toutes les difficultés sur le marché de l’emploi, ils ne parviennent à décrocher un emploi stable qu’à 27 ans en moyenne. Dans un tel contexte, l’allongement de la durée de cotisation signifierait moins d’emploi pour les jeunes et plus de précarité pour les nombreux salariés ne parvenant pas au terme de leurs annuités.

Une nouvelle réduction de la voilure de notre protection sociale irait à l’exact opposé de nos attentes.  L’UNEF avertit le gouvernement : c’est de solidarité et de protection dont les jeunes ont besoin. 

Faire confiance aux jeunes pour sortir de la crise

Les jeunes n’ont cessé de voir durant ces dernières années les systèmes de protection sociale, principaux amortisseurs de la crise, reculer au gré des réformes. Redonner confiance au pays, c’est aussi garantir aux jeunes qu’ils pourront bénéficier d’un système solidaire de haut niveau.

Nous revendiquons ainsi une réforme permettant la prise en compte des années de formation dans le calcul des droits à la retraite, par un système de cotisation symbolique. On ne peut exiger de la jeunesse qu’elle soit qualifiée et préparée à participer au redressement du pays, en faisant de ce temps de formation, un poids pour l’avenir. 

Nous revendiquons la validation des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé.

Notre génération n’a pas à payer toute sa vie l’état de l’économie, lors de son entrée sur le marché de l’emploi.