Exclusion de 30 000 étudiants espagnols : C’est maintenant l’éducation qui paie l’austérité !

Selon le quotidien espagnol « EL Païs », dans son édition du 17 juin 2013, près 30 000 étudiants espagnols seraient menacés d’exclusion de leur université pour impayés de frais d’inscription. Ce scandale des exclusions apparaît alors que l’Espagne avait imposé au budget de l’enseignement supérieur de sévères coupes par une baisse des bourses et une augmentation de 25% des frais d’inscription. L’UNEF dénonce l’attitude intolérable de l’Union Européenne qui exige des restrictions budgétaires irresponsables, ajoutant aux difficultés sociales la mise en pièce des secteurs d’avenir.  

 

Hausse des frais d’inscriptions, baisse des bourses : une double peine et double faute.

Pour répondre à la crise, le gouvernement de Mariano Rajoy s’est lancé dans une politique de réductions budgétaires tout azimut. Les étudiants espagnols ont ainsi été directement mis à contribution, en voyant leurs frais d’inscription augmenter de 25% et de 40% pour les étudiants redoublants (pour atteindre environ 2000 euros par ans). Dans le même temps, le nombre de boursiers a dramatiquement chuté : 1 étudiant sur 5 a perdu son aide.

En faisant peser l’effort de réduction des dépenses sur les étudiants, l’Espagne commet une double faute. Elle crée ainsi une génération de la crise, dont les conditions de vie se sont dégradées d’un seul coup et qui paiera toute sa vie les conséquences d’un effondrement dont elle n’est pas responsable. De plus, c’est l’ensemble de l’Espagne qui va se voir privé de jeunes actifs qualifiés, capable de tirer leur pays vers le haut. 

 

Les politiques d’austérité sont incompatibles avec la reprise économique !

L’exclusion de 30 000 étudiants espagnols de leur établissement n’est qu’un exemple parmi d’autre des conséquences dramatiques des choix politiques pris par la majorité des gouvernements européens. Grèce, Espagne, Portugal, autant d’exemples qui démontrent à quel point les solutions préconisées par l’Union Européenne mènent les états dans l’impasse. 

 

L’enseignement supérieur un secteur d’avenir à préserver en Europe.

L’accès à l’enseignement supérieur est un indicateur de l’état de développement des pays. L’UNEF dénonce avec force les choix politiques du gouvernement espagnol et pointe la responsabilité de l’Union Européenne. L’UNEF rappelle que si le budget de l’enseignement supérieur est stable en France, les universités de notre pays connaissent elles aussi une crise budgétaire sans précédent, dégradant la qualité des formations dispensées. 

 

La communauté européenne doit agir vite. L’UNEF exige :

– La mise en place d’un fond d’urgence pour qu’aucun étudiant ne soit exclu de son université pour impayés. 

– L’engagement d’un processus d’encadrement des frais d’inscription et d’harmonisation vers le bas dans l’ensemble des pays de l’Union.

– L’abandon du remplacement des bourse Erasmus par un système de prêts. 

L’UNEF demande à la France et à son gouvernement de prendre immédiatement position en ce sens.