Cautionnement solidaire : Des critères qui nuisent à l’efficacité du dispositif.

Ce mardi 20 août 2013, la ministre de l’enseignement supérieur a annoncé la mise en place d’un système de cautionnement solidaire. Ce dispositif concernera notamment les étudiants issus de familles monoparentales et ne sera appliqué qu’à titre expérimental à la rentrée. L’UNEF prend acte de la volonté ministérielle d’agir pour faciliter l’accès au logement des étudiants, mais exprime ses réserves face à un système trop ciblé et qui risque d’être peu efficace.

 

Le cautionnement solidaire est inefficace quand il est trop ciblé. 

 Les dernières expériences concernant le cautionnement solidaire, notamment le Locapass, ont démontré que ce dispositif devenait contreproductif lorsqu’il était ciblé. En effet, ne réserver le cautionnement qu’à une petite partie des étudiants revient à les désigner comme public à risque. Ainsi, entre deux potentiels locataires, un propriétaire aura tendance à choisir celle qui n’en est pas bénéficiaire. 

En plus de l’effet stigmatisant, l’UNEF reste perplexe sur le critère « famille monoparental » qui attache les droits d’un étudiant à la situation de son foyer, quelle que soit sa situation propre. 

 

Plus d’expérimentation…

Au delà des défauts du dispositifs, l’UNEF s’étonne d’une mise en oeuvre à partir d’expérimentations locales. Le problème de logement étudiant nécessite une action volontariste d’ampleur plus que des ballons d’essai. 

 

… Un vrai plan logement

L’UNEF revendique la mise en oeuvre d’un plan logement étudiant cohérent, ambitieux et organisé autour d’un calendrier précis. L’UNEF rappelle que le ministère dispose de nombreux leviers pour agir:

 

– Sur le nombre de places dans les CROUS : les étudiants n’ont toujours pas connaissance du détail du plan « 40 000 logements » CROUS sur le quinquennat. Cela nécessite pourtant un effort de plus de 9 000 constructions par an.

– Sur le coût des loyers : l’UNEF revendique le plafonnement des loyers de petite surface ainsi que la revalorisation des aides au logement, restées inchangées depuis 1993. L’UNEF demande de plus au gouvernement de permettre aux municipalités d’exonérer les étudiants de la taxe d’habitation. 

– Sur l’accès à la location : l’UNEF revendique la mise en place d’un dispositif de cautionnement solidaire universel, c’est à dire qui s’adresse à tous pour éviter les effets de stigmatisation contreproductifs.