Retraites : Les jeunes ne doivent pas être les grands perdants de la réforme !

Ce mardi 27 août, le premier ministre recevait pour la seconde fois de la semaine les partenaires sociaux pour présenter les premiers éléments de la future réforme des retraites. Jean Marc Ayrault a ainsi écarté plusieurs pistes très contestées par les organisations syndicales, comme un éventuel nouveau recul de l’âge légal ou encore la réforme du régime de fonctionnaires. Pour autant, l’UNEF note que ces annonces ne sont pour l’instant pas de nature à rassurer les jeunes. En effet, en laissant sur la table la possibilité d’un allongement de la durée de cotisation et en proposant un dispositif inefficace de rachat des années d’études, le premier ministre risque de faire des jeunes, les grands perdants de la réforme ! 

 

Allonger la durée de cotisation, c’est une double peine pour les jeunes !

 En laissant la porte ouverte à un allongement de la durée de cotisation, le gouvernement envoie un message très négatif aux jeunes. En effet, alors que le chômage des jeunes reste structurellement élevé et que l’âge moyen du premier emploi stable est à 27 ans, il est devenu quasiment impossible de valider la totalité de ses annuités. De plus, en maintenant artificiellement des seniors dans l’emploi, ce sont des places qui ne seront pas libérées sur le marché du travail accentuant un peu plus la longueur des files d’attentes.

La promesse d’être au chômage aujourd’hui, et précaires demain n’est pas une perspective acceptable pour les jeunes. L’UNEF avertit le gouvernement que la jeunesse jugera sa réforme sur deux points essentiels : cette réforme ne doit pas avoir d’effet négatif sur l’emploi, ni éloigner un peu plus la possibilité d’une retraite à taux plein. 

 

Le dispositif de rachat : une fausse bonne idée !

Pour répondre à l’interpellation des organisations de jeunes, et aux revendications de plusieurs confédérations syndicales, le premier ministre a annoncé la possibilité d’un dispositif d’aide au rachat des années d’études pour le calcul des droits à la retraite. Cette possibilité de rachat devrait être limitée à une durée de 5 ans après la sortie des études et plafonnée à quatre trimestres.

Le taux d’épargne des jeunes en insertion, proche de zéro, ne leur permet pourtant pas de racheter leurs années d’études. A l’inverse de la volonté de justice sociale affichée par le gouvernement, cette mesure risque même de creuser les inégalités, rendant possible la prise en compte des années d’études uniquement pour ceux qui en ont les moyens. De plus l’UNEF rappelle que les femmes, dont le salaire est en moyenne de 27% inférieur aux hommes, seront d’autant plus pénalisées.

 

Le gouvernement doit revoir sa copie, une autre réforme est possible

L’UNEF regrette de n’avoir toujours pas été reçue par le gouvernement pour évoquer la future réforme. L’UNEF avertit le gouvernement qu’aucune réforme ne peut se faire au nom des jeunes, sans les jeunes. La future réforme des retraites ne peut être acceptable si elle prévoit l’allongement de la durée de cotisation.

  

De plus, l’UNEF revendique :

– la prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites, équivalent à 3 trimestres par année validée. Cela serait une mesure efficace socialement, et qui permettrait par la mise en place d’une cotisation symbolique pour les étudiants, l’apport de nouvelles recettes.

– la validation des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des retraites, et notamment des périodes de stages, d’insertion, d’emplois précaires et de chômage non-indemnisé. 

L’UNEF se réunira avec le collectif « La retraite une affaire de jeune » pour envisager des suites à donner à ces annonces, et notamment une participation à la journée de mobilisation du 10 septembre prochain.