Réforme des retraites : l’UNEF appelle les étudiants à manifester le 10 septembre. 43 annuités sans prise en compte des années de formation et d’insertion : Pas question !

 Ce mardi 27 août, Jean Marc Ayrault a dévoilé les contours de la réforme du système de retraites programmée par son gouvernement. L’UNEF note quelques avancées comme l’évolution du régime des apprentis mais l’essentiel de la réforme marque de graves reculs pour les droits des jeunes générations. En allongeant la durée de cotisation à 43 ans pour les moins de 40 ans et en refusant de prendre en compte les années d’étude et d’insertion, le gouvernement envoie un message très négatif aux jeunes : pour vous la retraite à taux plein restera à jamais un rêve inaccessible !

 

43 ans de cotisation : une absurdité pour une génération qui ne trouve toujours pas d’emploi.

La réforme proposée par le premier ministre prévoit un allongement de la durée de cotisation pour les salariés les plus jeunes à 43 annuités. Alors que l’âge moyen d’accès au premier emploi stable est actuellement de 27 ans et que la majorité des jeunes n’est actuellement pas en emploi, cet allongement signifie que nous devrons attendre 67 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein. L’âge moyen de départ en retraite étant de 62 ans, le message est clair : au chômage aujourd’hui, il faut en plus renoncer à une retraite de qualité demain.

 

Le rachat des années d’étude : un dispositif inopérant.

Pour tenter de compenser cet allongement, le premier ministre a proposé un dispositif d’aide au rachat des années d’études, à hauteur de 1000 euros par trimestre dans la limite de 5 ans après la sortie d’étude. Ce dispositif est une fausse bonne idée car il faudrait tout de même que les jeunes déboursent près de 4 000 euros pour racheter une seule année : un montant impossible à réunir pour des moins de 30 ans dont le taux d’épargne est quasi nul ! De plus l’UNEF rappelle que les femmes, dont le salaire est en moyenne de 27% inférieur aux hommes, seront d’autant plus pénalisées.

 

Une mesure qui va fragiliser le système de retraites plutôt que de le renforcer.

L’UNEF alerte le premier ministre : sous couvert de vouloir équilibrer le système de retraites, il risque de le fragiliser. En effet, en privant les jeunes de la perspective d’une retraite solidaire de qualité, il ouvre la porte aux complémentaires privées, par capitalisation. Nous refusons d’être la première génération à devoir renoncer à une retraite solidaire !

 

La réforme doit se faire avec et non contre les jeunes !

Le gouvernement doit prendre en compte l’intérêt des jeunes générations dans sa réforme. L’UNEF regrette ainsi que les jeunes n’aient pas été associé à la concertation avec les partenaires sociaux. L’UNEF revendique la  prise en compte des années d’étude et d’insertion professionnelle pour éviter que les jeunes commencent à cotiser à 30 ans. 

L’UNEF manifestera le 10 septembre aux côtés des salariés pour une prise en compte des années d’étude et d’insertion dans le calcul des droits à la retraite.