Des dispositifs « jeunes » très insuffisants

Le projet de loi comporte des mesures s’adressant, directement ou indirectement aux jeunes. La prise en compte de l’ensemble du temps d’activité des apprentis est la plus positive, elle concerne ainsi 400 000 jeunes (sur les plus de 8 millions que compte notre pays).

De même, la possibilité de valider un trimestre dès 150h de travail devrait améliorer la capacité des jeunes précaires à valider des trimestres. Cependant, sans une meilleure prise en compte des périodes d’inactivité, elle risque de peser dans l’arbitrage entre tentative d’insertion professionnelle rapide et insertion durable qui touche d’abord les plus modestes. Cette pression du « n’importe quel emploi à n’importe quel prix », déjà provoquée par l’absence de protection sociale pour les jeunes et par le phénomène de déclassement des diplômés est durablement pénalisante. Il est en effet démontré que nos conditions d’entrée sur le marché du travail conditionneront toute notre vie professionnelle. 

Enfin, l’aide au rachat des années d’études est proprement inopérante. Il faudrait ainsi, en prenant en compte l’aide forfaitaire, débourser environ 3200 euros pour racheter une année de cotisation. Les jeunes n’ont pas l’épargne suffisante pour envisager d’être bénéficiaires d’une telle mesure. Dans la plupart des cas, ils n’en auront donc pas l’usage ; dans le pire des cas, les seuls qui pourraient la demander seraient ceux qui rachèteraient ces années avec ou sans aide.