Les étudiants mobilisés contre la fermeture du site de Béziers

L’annonce de l’Université Paul Valéry, à Montpelliers, prévoyant la fermeture du site universitaire délocalisé de Béziers a fait l’effet d’une bombe. Au total, ce sont 700 étudiants qui sont concernés, et tout autant de jeunes de l’académie, pour qui ce site de proximité était leur seule perspective de poursuite d’études. En effet, si le site est amené à fermer, il faudra pour les étudiants de Béziers trouver les moyens de financer un logement sur Montpelliers, ainsi que toutes les dépenses courantes. En clair, le choix fait par l’université est un coup porté au droit à étudier pour des centaines de jeunes.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Sur le diagnostique les opinions divergent. Du côté de l’université, on dénonce un manque de moyens financiers qui empêche l’université de fonctionner. Du côté du gouvernement, il n’y a pas de problème de financement, c’est la bonne gestion administrative de l’établissement, par sa direction actuelle, qui est remise en cause. Le ministère dénonce un foisonnement de formations de masters, jugé inutile pour la réussite des étudiants.

Et du côté des étudiants ? Car il est bien là le nœud du problème et c’est ce que les étudiants dénoncent. Depuis le passage des universités au statut d’établissements autonomes, ce sont les étudiants qui sont les grands perdants des affrontements entre la direction de l’université et l’Etat. Automatiquement, lorsque des coupes budgétaires sont à faire, c’est toujours les étudiants de premiers cycles et leurs formations qui sont touchés. A Montpelliers, c’est le site de Béziers qui est concerné. L’université prévoit aussi une réduction des capacités d’accueil dans un bon nombre de filières à forts effectifs, et un tirage au sort pour déterminer le droit d’accès des bacheliers à la filière de leur choix. Enfin, elle prévoit une baisse de l’encadrement, en réduisant le nombre d’enseignants et de personnel administratif.

Il faut en finir avec une situation budgétaire délétère pour l’enseignement supérieur français. En ce qui concerne l’université de Montpelliers, une rallonge budgétaire permettant de rééquilibrer le budget, en fléchant les moyens vers la formation de la Licence est une nécessité.

Pour lutter contre ces mesures de rigueur, l’UNEF s’est mobilisée aux côtés de plusieurs organisations syndicales, pour exiger une rallonge budgétaire qui permette de renflouer les caisses de l’université. À leur appel, ce sont déjà 400 étudiants à Beziers puis à Montpellier qui se sont réunis en Assemblée Générale pour refuser la dégradation de leurs conditions d’études. Cette semaine encore, une action est prévue devant le rectorat, afin de faire entendre les revendications des étudiants.