Réforme des retraites : les stages doivent être pris en compte comme périodes de formation.

Dans un entretien accordé au JDD ce dimanche 6 octobre, la ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, a ouvert la porte à une évolution de son projet de loi sur les retraites, en évoquant la prise en compte des périodes de stage pour les étudiants. Cette déclaration fait suite aux nombreuses interpellations de l’UNEF concernant l’injustice d’un allongement de la durée de cotisation et l’absence de dispositifs prenant en compte les difficultés d’accès à l’emploi des jeunes. L’UNEF rappelle qu’elle revendique que les périodes de formation et d’inactivité forcée pendant la période d’insertion ne soient plus des années blanches en matière de retraites. 

Prendre en compte les stages comme des périodes de formation.

L’UNEF s’oppose à l’allongement de la durée de cotisation pour les jeunes générations et défend des dispositifs qui permettent enfin aux jeunes d’accéder au droit à cotiser pour sa retraite. L’UNEF a ainsi fait parvenir aux parlementaires de tous bords des propositions d’amendement  pour que les jeunes ne soient pas les premiers pénalisés par la nouvelle loi. Parmi eux, l’UNEF défend la prise en compte des périodes de stage intégrés aux formations, à hauteur d’un trimestre cotisé pour 50 jours de stages. Cette mesure doit s’accompagner d’un renforcement de la règlementation contre les stages abusifs, afin d’en finir avec l’utilisation de ces contrats de formation comme des modes d’embauche détournés.

En finir avec les années blanches en matière de droits sociaux.

La prise en compte des stages est une première piste pour la reconnaissance des années d’études dans le calcul des droits à la retraite. L’UNEF s’oppose à l’idée que les années de formation, utiles pour l’ensemble de la collectivité, demeurent des années blanches en matière de droits sociaux. Déjà en proie à des difficultés pour financer leurs études, les jeunes ne doivent pas en plus se trouver en marge des mécanismes de solidarité parce qu’ils tentent d’accéder à un diplôme. L’UNEF revendique ainsi le principe d’une cotisation symbolique pour les étudiants, donnant droit à une validation de trois trimestres pour chaque année étudiée.

Reconnaître les difficultés d’insertion par la prise en compte du chômage non rémunéré. 

Au-delà des périodes de formation, l’UNEF pointe du doigt l’absence de reconnaissance réelle des périodes de chômage non rémunérés auxquels doivent faire face les jeunes durant leur période d’insertion professionnelle. L’UNEF revendique ainsi  que l’ensemble de ces périodes  puissent être prises en compte dans un délai de 5 ans après la sortie des études et à hauteur de 6 trimestres.

Le débat continue, les actions syndicales aussi.

En ouvrant la porte à de premières évolutions, la ministre Marisol Touraine reconnaît que le texte ne prend pas assez en compte les difficultés vécues par notre génération. 

Pour rappeler aux parlementaires que le projet de loi n’est toujours pas conforme aux aspirations des jeunes, l’UNEF appelle les jeunes à s’associer aux initiatives locales des centrales syndicales lors de la journée du 10 octobre.