Cessation d’activité de l’AFIJ : le gouvernement doit prendre des engagements pour l’accompagnement des jeunes diplômés

Le tribunal administratif de Paris s’est réuni le 7 novembre 2013 pour étudier la mise en liquidation judiciaire de l’association et la cessation des activités de l’AFIJ (Association pour Faciliter l’Insertion Professionnelle des Jeunes diplômés). 

Les organisations et mutuelles étudiantes membres du conseil d’administration de l’AFIJ avaient alerté les pouvoir publics à plusieurs reprises sur les difficultés budgétaires de l’association. Alors que l’AFIJ était en pleine redéfinition des ses objectifs, pour maintenir ses activités et répondre aux mieux aux difficultés d’insertion provoquées la crise, le gouvernement a choisi l’option de la cessation d’activité sans alternative pour les jeunes concernés.

L’UNEF demande maintenant au gouvernement de prendre ses responsabilités pour garantir la qualité de l’accompagnement des jeunes dans leur insertion professionnelle.

La disparition de la seule structure chargée spécifiquement de l’accompagnement des jeunes diplômés 

L’AFIJ est née en 1994 suite à la mobilisation des jeunes contre le CIP, et à la volonté commune des organisations étudiantes représentatives, des mutuelles étudiants et de l’Etat d’apporter une réponse à l’emploi des jeunes issus de l’enseignement supérieur. Pendant près de 20 ans, l’AFIJ a ainsi fait la preuve de son utilité avec plus 800 000 jeunes inscrits et près de 100 000 jeunes accompagnés individuellement.

Alors que le chômage des jeunes atteint 23%, il n’est pas acceptable que les 450 000 jeunes qui sortent chaque année de l’enseignement supérieur, dont 90 000 sans diplôme (19%), ne bénéficient pas d’un accompagnement particulier. 

L’UNEF s’inquiète des conséquences de la disparition de l’AFIJ pour l’insertion professionnelle des jeunes qui sortent de l’enseignement supérieur. La disparation de l’association créera un vide dans le dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’emploi, une situation inacceptable en période de crise économique. 

Le gouvernement n’a pas assumé ses responsabilités face aux difficultés financières de l’AFIJ

Depuis 3 ans le budget de l’association a été divisé par deux, passant de 7 millions d’euros en 2010 à 3 millions en 2013. La volonté politique de faire vivre cette association et de lui donner les moyens d’exister présente à sa création n’est plus celle des pouvoirs politiques aujourd’hui.

L’AFIJ et les organisations étudiantes membres de son conseil d’administration avaient pourtant formulé plusieurs propositions pour redéfinir le mode de financement de l’association et ses missions en lien avec le service public de l’emploi. 

L’UNEF condamne l’absence de réponse du gouvernement, qui impose maintenant à l’AFIJ de mettre un terme à ses activités faute de financements pour assurer sa continuité.

Les propositions des organisations étudiantes doivent être entendues

L’UNEF exige qu’un cadre de concertation soit ouvert entre les organisations étudiantes et le gouvernement pour trouver des réponses aux difficultés soulevées par la disparition de l’AFIJ :

– Le gouvernement doit mettre un outil à la disposition des 300 000 jeunes qui bénéficiaient chaque année des actions de l’AFIJ pour répondre à leurs problèmes d’insertion.

– Une réforme qui intègre les organisations de jeunesse dans le service public de l’insertion professionnelle, pour que leur expertise permette une action adaptée et efficace à destination des jeunes.

– Les 80 salariés de la structure doivent bénéficier d’un dispositif d’accompagnement pour retrouver un emploi. 

La passivité avec laquelle le gouvernement a laissé disparaitre l’AFIJ est en contradiction avec ses engagements pour la jeunesse et l’emploi. C’est une association qui répond à un besoin majeur des jeunes touchés par la crise qui va disparaître, sans qu’une alternative soit proposée.

L’UNEF demande au gouvernement une réaction rapide, qui confirme sa priorité pour l’insertion professionnelle des jeunes et reconnaît le rôle des organisations de jeunesse pour remplir cette mission.